Bel 20 : chiffres rassurants

Les mois de juillet et août devaient être l’heure de vérité pour les sociétés cotées. C’était le traditionnel rendez-vous pour les chiffres au deuxième trimestre. Des chiffres particulièrement attendus en ces temps de crise. L'évolution de la Bourse en directNotre dossier sur la crise boursière

Bel 20 : chiffres rassurants
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Ariane van Caloen

Les mois de juillet et août devaient être l’heure de vérité pour les sociétés cotées. C’était le traditionnel rendez-vous pour les chiffres au deuxième trimestre. Des chiffres particulièrement attendus en ces temps de crise. Avec cette question lancinante : dans quelle mesure le monde de l’entreprise a-t-il été mis à mal ?

En Belgique, quatorze des vingt entreprises comprises dans l’indice boursier vedette Bel 20 ont publié leurs chiffres au 30 juin, la dernière en date étant le groupe brassicole AB InBev (lire-ci dessous). Il manque encore quelques grandes pointures comme Dexia et GDF Suez, qui publieront un communiqué fin août.

Et que constate-t-on ? "La plupart des résultats sont un peu moins mauvais que prévu. Ce qui explique que les cours boursiers réagissent à la hausse", explique Xavier Servais directeur chez Dresdner Van Moer Courtens.

Il y a toutefois quelques exceptions à cette tendance générale. Ce fut le cas de Bekaert qui a publié des chiffres inférieurs aux prévisions, ou encore Cofinimmo qui a fait ce qu’on peut considérer comme un "profit warning" en prévenant que le dividende serait à la baisse. Xavier Servais ne se montre d’ailleurs pas tellement étonné par cette annonce. "Les nouveaux investissements de la sicafi affichent un rendement un peu moins élevé. Il est logique qu’elle s’adapte à cette évolution. De plus, cela lui permet de réduire son endettement", poursuit Xavier Servais.

Dans les chiffres publiés, il se confirme par ailleurs que c’est le secteur défensif (pharma, télécoms, distribution) qui se défend le mieux. Un groupe comme UCB profite de nouveaux médicaments dans le "pipeline" mais aussi des effets de son plan de restructuration draconien. Il fait d’ailleurs partie des trois seules sociétés du Bel 20 à avoir annoncé un bénéfice en hausse. On peut supposer que GDF Suez (qui sortira ses chiffres le 27 août) devrait aussi afficher une performance honorable au vu des bénéfices publiés mercredi par le groupe énergétique allemand EON.

Delhaize a aussi annoncé des résultats assez stables mais a malgré tout subi une correction boursière.

En revanche, les valeurs cycliques (Umicore, Bekaert) ont fortement souffert de la baisse de la croissance économique, comme on pouvait s’y attendre.

Quant aux holdings comme GBL, ils ont subi des moins-values comptables liées à la dépréciation de leurs participations. Mais au vu des communiqués publiés, rien n’augure à ce stade une baisse du dividende.

Et que dire des financières qui, il y a encore un an, étaient les valeurs vedettes de l’indice Bel 20 ? A l’heure actuelle, seule KBC a sorti ses chiffres, Dexia et Fortis devant publier les leurs les 26 et 27 août. Mais personne ne se fait la moindre illusion vu les pertes qui ont déjà été annoncées précédemment. Toutefois, KBC a quand même quelque peu agréablement surpris les investisseurs. De là à croire que le pire est passé ? Xavier Servais se montre très prudent. "Il est très difficile de se faire une opinion dans la mesure où les portefeuilles de crédits structurés et immobiliers sont très difficiles à évaluer. On ne sait pas déduire la vraie valeur des institutions", explique-t-il.

Au niveau des prévisions, les sociétés ne se sont pas très fort avancées. "Les valeurs cycliques sont restées très vagues sur la suite des événements", constate Xavier Servais. Delhaize a été une des rares sociétés à oser se lancer à faire des pronostics pour confirmer ses prévisions. "Curieusement, le cours n’a pas suivi", poursuit l’analyste.

La tendance au niveau de l’indice Bel 20 est très semblable à celle perceptible au niveau international. Sur les 500 sociétés comprises dans l’indice américain Standard&Poors, 450 ont publié leurs résultats trimestriels. Ceux-ci sont en baisse de 16,4 % en moyenne, mais souvent meilleurs que prévu. Et 72 % des chiffres publiés ont créé une bonne surprise.

De là à penser que le marché anticipe (un peu vite ?) une amélioration de l’économie, il n’y a qu’un pas à franchir


Zone euro: Sortie de récession en vue? L’annonce jeudi d’un retour surprise de la croissance au deuxième trimestre en Allemagne et en France alimente les espoirs d’une sortie progressive de la crise économique dans la zone euro, même si cette dernière est pour l’instant toujours en récession. Après quatre trimestres consécutifs de contraction de leur produit intérieur brut (PIB), l’Allemagne, première économie de la zone euro, et la France ont toutes les deux annoncé un retour à la croissance, avec une hausse identique de 0,3 % comparé au premier trimestre. Pour l’ensemble de la zone euro en revanche, l’économie s’est encore contractée, pour le cinquième trimestre consécutif, de 0,1 %, d’après une première estimation de l’Office européen des statistiques Eurostat. C’est malgré tout un très net ralentissement comparé au plongeon record de 2,5 % accusé au premier trimestre, et une bonne surprise pour les économistes qui attendaient un recul plus prononcé, de 0,4 % en moyenne selon Dow Jones Newswires. De quoi alimenter les espoirs d’une sortie plus rapide que prévue de la récession actuelle, la pire traversée par la zone euro depuis 1945. Jusqu’ici, la Commission européenne comme le Fonds monétaire international (FMI) tablent sur une reprise modeste, dans la zone euro seulement, courant 2010. " La récession est finie en Allemagne", se félicitait jeudi un expert d’UBS Investment. L’économie " peut se remettre plus vite que ce que nous pensions de la récession", soulignait ce dernier. " Ces chiffres sont agréables, mais payés cher, avec les plans de relance en Allemagne et au niveau mondial", nuançait toutefois un économiste chez Natixis. " Que se passera-t-il quand les primes à la casse en Allemagne et ailleurs seront épuisées ? Un revers est très probable courant 2010." "Ce que nous voyons s’appuie essentiellement sur les plans de relance gouvernementaux et la reconstitution des stocks", a aussi tempéré Jürgen Stark, économiste en chef de la Banque centrale européenne. " Tant que c’est comme ça, nous ne pouvons pas compter sur un retour durable à une trajectoire de croissance", a-t-il prévenu. Comme pour lui donner raison, la production industrielle, qui avait rebondi en mai dans la zone euro pour la première fois depuis août 2008, est repartie à la baisse en juin. Et les estimations publiées ces derniers jours brossent toujours un tableau assez sombre de la situation européenne. (AFP)