Le chèque en voie de disparition

La Belgique n’est manifestement pas la France, où le chèque reste contre vents et marées l’une des formes de paiement privilégiée.

P.D.-D.
Le chèque en voie de disparition
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La Belgique n’est manifestement pas la France, où le chèque reste contre vents et marées l’une des formes de paiement privilégiée.

Chez nous, le chèque a quasiment disparu de tous les portefeuilles des particuliers.

Le coup - fatal - lui a été porté en 2002, lorsque la garantie bancaire des Eurochèques a alors été supprimée. Sans une telle garantie, les chèques, dont l’utilisation était déjà en régression, n’avaient plus aucune chance d’être encore acceptés dans les commerces.

Ils ont, sans surprise, été balayés par les paiements électroniques, qui ont dans le même temps bénéficié de la gratuité des opérations dans les commerces.

Selon les dernières statistiques de la fédération du secteur financier belge (Febelfin), les transactions par chèques ne représentaient plus que 0,5 % des paiements fin 2007 (7,5 millions de chèques), étant surpassés par les virements et les paiements par carte de débit ou de crédit. La proportion ne cesse, du reste, de diminuer : l’utilisation des chèques décline de quelque 15 % chaque année (6,4 millions de chèques en 2008). Chez Dexia Banque, le total des chèques émis en 2005 était de 2,13 millions. En 2008, ce chiffre était tombé à 1,52 million.

Des chèques sont donc encore émis. Mais dans des cas finalement assez limités ou dans certains secteurs.

Les particuliers n’utilisent plus que rarement voire plus jamais de chèques commerciaux. Par contre, ils font établir des chèques bancaires, par exemple pour l’achat d’un bien immeuble, de voitures comme des mobil-homes ou similaires, ou de meubles", explique-t-on chez KBC. Les notaires sont par exemple de grands consommateurs de chèques.

Ces chèques bancaires ne bénéficient donc pas de la moindre garantie. "Elle n’existe plus", rappelle Dexia Banque. "Seule la provision est garantie pour un chèque bancaire."

Bref, avant d’émettre un tel chèque, on s’assure que le compte est suffisamment alimenté pour couvrir le montant de la dépense

Si le compte d’un chèque n’est pas suffisamment approvisionné au moment de l’encaissement, l’émetteur aura quelques soucis. D’une part, sa banque ne lui fera pas de cadeau - KBC facture par exemple 30,25 euros par chèque impayé - et l’émission d’un chèque sans provision reste punissable par la loi.

Il est aussi des secteurs où le chèque est encore monnaie courante. Les chèques sont encore utilisés principalement par des entreprises clientes comme grossistes et détaillants, des entreprises portuaires, des marchands de bétail, des entreprises de transport et des agences de voyage", note encore BC.

Quels sont les motifs pour lesquels on utilise encore souvent des chèques dans ces secteurs ? "Le bénéficiaire souhaite un paiement au comptant sous la forme d’argent liquide ou de chèques à la livraison des marchandises. Le bénéficiaire souhaite un paiement au comptant en cas de livraison de marchandises sous la forme de chèques (au lieu de liquide) afin de limiter le risque pour le transporteur. Ou encore, le transport est assuré par des tiers qui ne peuvent accepter des chèques comme paiement au comptant que lors de la livraison des marchandises."

L’usage de chèques est une habitude dans certains secteurs comme le commerce de gros en fruits et légumes, l’horeca ou encore le commerce de bétail. Les agences de voyages effectuent aussi d’éventuels remboursements via un chèque. C’est le cas, par exemple, de Neckermann.

Combien de chèques ont été émis ? Sur les six premiers mois de l’année, quelque 511 618 chèques commerciaux ont été émis par des clients KBC, contre 646013, soit une baisse d’une vingtaine de pour cents, qui traduit à la fois la diminution chronique de l’utilisation des chèques mais aussi le ralentissement de l’activité économique au premier semestre de l’année. Chez Dexia, 816 000 chèques ont été émis au 1er semestre. Chez Axa, on compte environ 45 000 chèques en moyenne par mois.

Des chiffres qui peuvent paraître importants. Mais à fortement relativiser. Sur les six premiers mois de l’année, il y a eu 417 millions d’opérations de paiement avec la carte Bancontact/Maestro et 60 millions de paiements avec une carte de crédit