Fortis Holding se stabilise

Nous ne sommes plus le Fortis d’avant !" Ces mots sont de Bart De Smet, l’administrateur délégué de Fortis, qui a ainsi tenu à relativiser la baisse de 46 % du bénéfice net du groupe au premier semestre, lors d’une conférence de presse organisée jeudi matin à Bruxelles.Suivez le cours de la BourseGDF Suez confiant en l’avenirAvH : quelques déceptions

Philippe Galloy
Fortis Holding se stabilise
©Photonews

Nous ne sommes plus le Fortis d’avant !" Ces mots sont de Bart De Smet, l’administrateur délégué de Fortis, qui a ainsi tenu à relativiser la baisse de 46 % du bénéfice net du groupe au premier semestre, lors d’une conférence de presse organisée jeudi matin à Bruxelles.

Sur les six premiers mois de l’année, le holding désormais spécialisé dans l’assurance a dégagé un résultat net de 886 millions d’euros, contre 1,638 milliard au premier semestre 2008. Ce bénéfice net est surtout dû à des éléments exceptionnels, dont le principal est la plus-value sur la vente de 25 % d’AG Insurance à Fortis Banque, elle-même détenue par BNP Paribas, pour un montant de 1,4 milliard d’euros. On se souviendra que l’accord conclu entre Fortis, BNP et l’Etat belge prévoyait cette cession d’une part minoritaire des activités d’assurance en Belgique, afin de satisfaire l’appétit des Français. En contrepartie, Fortis avait obtenu une réduction de sa participation dans le fameux véhicule financier reprenant les crédits à risque, baptisé aujourd’hui "Royal Park Investments". Fortis en détient 44,7 %, le surplus appartenant à l’Etat belge (43,5 %) et à BNP Paribas (11,8 %).

Les éléments exceptionnels qui ont gonflé le bénéfice net du groupe sont logés dans ce que Fortis appelle le "compte général", qui a dégagé un résultat net de 658 millions d’euros. La plus-value de 697 millions d’euros sur la vente d’un quart du capital d’AG Insurance est quelque peu neutralisée par une charge de 362,5 millions due à un litige aux Pays-Bas. En gros, Fortis Bank Nederland devait, via une filiale, racheter les actions préférentielles de certains actionnaires mais a refusé de le faire. En vertu d’un contrat, ceux-ci avaient le droit de se tourner vers Fortis Holding, ce dernier acceptant, lui, de payer. A présent, Fortis se retourne contre Fortis Bank Nederland. L’affaire est en justice.

Les autres éléments exceptionnels consistent en des revenus liés à l’opération "Cashes", soit l’émission d’obligations perpétuelles convertibles en actions. Ces instruments sont liés aux marchés boursiers, qui se portent mieux depuis quelques semaines, ce qui a permis de dégager un bénéfice net de 138 millions d’euros.

Voilà pour le "compte général". On en oublierait presque que Fortis est devenu un groupe d’assurance, après la vente de Fortis Banque à BNP. Or, en assurances, les choses ne se sont pas trop mal passées, étant donné les conditions difficiles sur ce marché au premier semestre, selon les analystes. Sur cette période, les activités d’assurance ont rapporté 228 millions d’euros de bénéfice net au holding, contre 319 millions un an plus tôt (- 29 %). Les encaissements de primes ont reculé de 6 %, à 5,9 milliards d’euros. A cet égard, c’est surtout Fortis Insurance International qui a peiné. Les filiales française et luxembourgeoise ont souffert de la faible demande de produits à capital variable. Au Royaume-Uni, les encaissements ont subi un effet de change défavorable.

Par contre, en Belgique, les encaissements d’AG Insurance se portent bien. Ils atteignent 3,5 milliards d’euros (+2 % par rapport au premier semestre 2008). Mais côté résultat, il faut déchanter, notamment en assurance de dommages, où le bénéfice net est tombé à 44 millions d’euros, contre 105 millions un an plus tôt. Explication de Fortis : il y a eu davantage de sinistres, dus à des tempêtes plus nombreuses, et plus de réclamations de clients, ce qui est normal en période de crise économique.

En conclusion, Bart De Smet a estimé que les conditions de marché resteraient difficiles dans les prochains mois, mais, "en restant discipliné, on assurera l’avenir de la compagnie", a-t-il ajouté. Fortis en dira davantage sur cet avenir lors de la présentation de sa stratégie, le 25 septembre.


La vérité des chiffres A part Colruyt dont l’année comptable s’écoule du 1er octobre au 30 septembre, toutes les valeurs du Bel 20 ont publié leurs résultats au 30 juin 2009. Les dernières sociétés à livrer leurs chiffres sont Fortis Holding, Ackermans&van Haaren, Omega Pharma et GDF Suez comme on pourra le lire par ailleurs.Pour de nombreux analystes, la plupart des résultats publiés sont moins mauvais que prévu avec quelques exceptions dont Cofinimmo (qui a fait un “profit warning”) mais aussi les financières.Dexia a publié mercredi (après la clôture de la Bourse) des résultats qui n’ont pas été très bien accueillis par les marchés jeudi. Le groupe bancaire franco-belge a annoncé vouloir ne plus faire appel à la garantie de l’Etat à partir de 2010 alors que certaines banques essaient dès à présent de rembourser les aides publiques, notent certains analystes. Bref, il n’est pas encore au bout du tunnel.De façon plus générale, même si le Bel 20 a fortement augmenté ces dernières semaines, la prudence reste de rigueur. Il subsiste encore beaucoup d’incertitudes. Exemples : que va devenir le pôle pharma de Solvay, quel plan de restructuration de la KBC va obtenir l’aval de la Commission européenne ? Les résultats du troisième trimestre prévus vers novembre sont d’ores et déjà très attendus…

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