Alors, elles furent bonnes ces vacances ?

Une page se tourne, les vacances sont bel et bien finies Alors que les cartables sortent des armoires où ils étaient soigneusement dissimulés aux regards depuis deux mois, c’est l’heure du bilan - pas encore exhaustif - des escapades estivales. Des escapades que l’on annonçait, dans un contexte de crise, forcément en baisse

A.Ma.

Une page se tourne, les vacances sont bel et bien finies Alors que les cartables sortent des armoires où ils étaient soigneusement dissimulés aux regards depuis deux mois, c’est l’heure du bilan - pas encore exhaustif - des escapades estivales. Des escapades que l’on annonçait, dans un contexte de crise, forcément en baisse

A la fin du mois de mai, en effet, les réservations enregistrées auprès de l’ABTO, l’Association belge des tour-opérateurs (qui représente 90 % des voyages organisés, sachant que ceux-ci comptent pour environ 30 % des voyages belges), accusaient un retard de 8,9 % par rapport à la même époque l’année dernière. C’est assez dire que l’été ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. En juillet, cependant, les départs affichaient presque un statu quo à - 0,2 % par rapport au même mois en 2008, tandis que les city-trips continuaient à souffrir. "Ce qui fait, en cumulé depuis le début de la saison, en mars, un retard de - 4,6 % à fin juillet, explique Veerle De Boeck, secrétaire générale de l’ABTO . Nous avons donc un peu récupéré le retard et on va encore un peu le récupérer en août - mais les chiffres ne sont pas encore disponibles. On ne parviendra pourtant pas à tout à fait le résorber et nous devrions terminer la saison sur une baisse de - 4 %."

Même écho chez Thomas Cook et Jetair (groupe TUI), les poids lourds du secteur en Belgique. "On parle en général d’une diminution de 5 à 6 % , rapporte Hans Van Haelemeesch, le porte-parole. On savait que 2009 ne serait pas une année facile. En début de saison, on avait prévu d’ajuster nos capacités si cela était nécessaire. Nous les avons ajustées sur certaines destinations, à certaines dates. Au final, les vacances en avion font un peu moins bien que l’an dernier et celles en voiture connaissent une croissance." "En nombre de passagers, donc en nombre de billets d’avion vendus, cela a bien marché sur les deux mois , précise pour sa part Patrick De Pauw, directeur commercial de l’agence Connections. Mieux que ce qu’il imaginait, surtout au niveau des vols longue distance et même si l’ensemble des données n’est pas encore disponible. Il faut dire que les prix des billets d’avion ont diminué et que partout, les clients font de bonnes affaires. Nous enregistrons, par exemple, de très beaux chiffres sur la Thaïlande, et évidemment sur l’Amérique et, en premier lieu, les Etats-Unis. Depuis janvier, ils connaissent un beau succès et celui-ci s’est prolongé en juillet et août. Avec, pour le moment, une offre spéciale sur New York." Par contre, en matière de vente des produits des T-O et des "last minute", la tendance chez Connections est plutôt à la descente.

Au niveau des destinations, on retrouve d’abord la Grèce, le Maroc, la Turquie, la Tunisie, Cuba et la Thaïlande chez Thomas Cook.

Pas de grande surprise chez Jetair : Espagne, Turquie, Grèce, Tunisie et Egypte arrivent en tête de liste. "C’est la Tunisie qui tire le mieux sont épingle du jeu avec presque un statu quo. Nous l’avions prévu, car c’est une destination qui propose beaucoup de formules "tout compris", qui n’est pas si loin en avion et dont le rapport qualité-prix est intéressant" , confie le porte-parole. Celle qui a connu la plus grosse progression n’est autre que le Cap Vert, un nouveau point de chute qui a bien démarré l’hiver dernier (avec, au départ, un avion par semaine et, très vite, deux), et qui a "très bien fonctionné cet été" .

A l’autre bout du classement, on retrouve le Mexique. "En Belgique, on parle continuellement de la grippe "mexicaine", ce qui a un impact très négatif sur le tourisme , déclare le porte-parole. Or, il n’y a pas plus de risque là-bas qu’ici finalement. Cela prendra un petit peu de temps avant que le Mexique retrouve une image positive."

Quant aux réservations de dernière minute ("last minute"), elles ont plu d’autant plus que les consommateurs étaient particulièrement attentistes cette année et ont permis de refaire un peu le retard, constate Thomas Cook. Même si, comme le souligne Jetair, elles ont en partie pâti du beau temps en Belgique, les clients n’éprouvant pas toujours le besoin d’aller chercher ailleurs le soleil Reste que les séjours à Disneyland Paris ont cartonné chez Jetair avec une hausse de plus de 25 % depuis Pâques et de plus de 30 % ces dernières semaines. Et le T-O s’attend d’ailleurs à ce que la tendance perdure car le consommateur est "à la recherche d’un peu de magie" et que les formules proposées sont attractives.

Les T-O gardent le moral malgré tout à l’instar de Jetair qui conclut par la voix de son porte-parole : "Les réservations de vacances chutent, dit-on, mais une baisse de 5 % à 6 %, beaucoup de secteurs ne peuvent qu’en rêver C’est un résultat qui n’est pas si mauvais, surtout quand on le compare à ce qui se passe à l’étranger : si on fait - 5 % à - 6 % chez nous, dans les autres pays où TUI est présent, cela varie entre - 10 % et - 16 %. Ce qui veut dire que les Belges continuent à voyager et que le secteur touristique en Belgique a fait des efforts pour réduire au maximum les pertes de réservations."