G20: accord historique en septembre ?

Une grand-messe de plus, la réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux des pays du G20 qui s’est tenue à Londres le premier week-end de septembre ?

G20: accord historique en septembre ?
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P.V.C.(avec AFP)

Une grand-messe de plus, la réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux des pays du G20 qui s’est tenue à Londres le premier week-end de septembre ? Non, selon Jean-Paul Servais, qui assure, comme d’autres acteurs du monde financier belge, qu’il y a eu à cette occasion des avancées historiques. C’est que cette réunion préparatoire à celle des chefs d’Etat du G20 - vingt principales puissantes économiques du monde -, qui se retrouveront les 24 et 25 septembre à Pittsburgh aux Etats-Unis, était dopée par les demandes pressantes de quelques poids lourds de la scène politique internationale. "Il y a eu un accord fort sur l’axe franco-allemand", assure M. Servais.

Et, de fait, les pays du G20 ont affiché et concrétisé des éléments dans un environnement cohérent, malgré les premiers signes d’une détente conjoncturelle. On entame l’après-crise, mais la détermination des groupes de pression ne fléchit pas. Les ministres des Finances et banquiers centraux des grands pays émergents et développés ont donc réussi à se mettre d’accord sur la question des bonus des banquiers, autour de grands principes de transparence, d’étalement des bonus sur plusieurs années et de non-versement de certaines échéances en cas de mauvaise performance. C’est sur ces grands axes de travail que la CBFA a planché ces dernières semaines et est proche (voir ci-contre) de passer à l’action avec une circulaire contraignante.

A Londres, le point le plus épineux, celui d’une limitation des bonus (souhaitée par la France surtout et une grande partie de l’Europe continentale), a fait l’objet d’un compromis qui a sauvé les apparences. Le Royaume-Uni et les Etats-Unis, opposés à une telle limitation, ont accepté néanmoins une mise à l’étude de la question. Au moins, le mot de "limitation" figure-t-il dans le communiqué final et le débat n’est donc pas enterré. On le sait, certains pays ont déjà mis des réformes en chantier. Reste à étendre les mesures au niveau international pour ne pas voir l’industrie bancaire internationale délocaliser ses centres de trading en vue d’éviter les pressions régulatrices.

Evidemment, les travaux préparatoires du G20 ont aussi porté sur les soins à apporter aux secteurs et aux économies les plus éclaboussés par la crise financière. Les acteurs en présence ont tous compris l’importance d’un travail commun simultané à mener partout, afin de bénéficier au plus vite des effets globaux des plans de relance. De la même manière, le G20, divisé au printemps dernier sur l’importance à donner aux plans de relance pour lutter contre la crise, est prêt à retirer un jour les mesures de relance mises en place, d’un montant évalué par le groupe à 5 000 milliards de dollars, mais le temps n’est certainement pas venu de le faire : le chômage enfle.

Le sommet des 24 et 25 septembre sera le troisième du G20 en moins d’un an. Créé en 1999, la crise actuelle a donné au G20 une autorité qui supplante désormais celle du G7 des pays les plus industrialisés.

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