Tecteo : Ogeo garde le cap

Membre du comité de direction du fonds de pension Ogeo Funds et directeur général de Tecteo (à l’origine de la création du fonds), Stéphane Moreau défend l’opportunité de la création de l’Organisme de financement des pensions (OFP).

Philippe Lawson
Tecteo : Ogeo garde le cap
©Devoghel

Entretien

Membre du comité de direction du fonds de pension Ogeo Funds et directeur général de Tecteo (à l’origine de la création du fonds), Stéphane Moreau défend l’opportunité de la création de l’Organisme de financement des pensions (OFP).

Comment expliquez-vous l'importance des fonds propres négatifs de 209 millions d'euros ?

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’Ogeo Fund n’a pas de problème financier et ne saurait pas être en faillite virtuelle. Il n’a pas de capital, c’est juste une structure de calcul et de gestion imperméable, car il n’y a pas de solidarité entre les fonds des différents affiliés. Il y a deux fonds affiliés qui ont des problèmes en raison des paramètres choisis (taux d’intérêt et nombre d’annuités de cotisations). Nous avons choisi des taux d’intérêt trop bas de 3,75 %, alors qu’il fallait prendre 5 %. Par ailleurs, la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) a indiqué, il y a six mois, qu’il fallait tenir compte du taux d’indexation de 2 % dans les calculs. Ce sont donc ces différents éléments de calcul qui, en les ajustant, demandent maintenant un plan de refinancement. Les besoins ne s’élèvent pas à 200 millions d’euros, mais environ 70 millions d’euros.

Quels sont les deux fonds affiliés qui ont des problèmes ?

Il y a la Compagnie intercommunale liégeoise des eaux (CILE) et Tecteo (ex-ALE). Le besoin de refinancement s’élève respectivement à environ 50 millions d’euros pour Tecteo et quelque 20 millions d’euros pour la CILE.

Qu'allez-vous leur demander ?

Nous allons maintenant leur exposer le problème. Soit ces deux fonds gardent les avantages de la pension traditionnelle qu’ils ont octroyés à leurs travailleurs et élaborent un plan de refinancement étalé sur dix ou vingt ans en augmentant leurs cotisations, soit ils renoncent à ces avantages. De toute façon, la CBFA nous donne un délai pour remédier à la situation et tout sera fait, en collaboration avec notre bureau de réviseurs (PriceWaterhouseCooper) et la CBFA. Nous avons d’ailleurs un rendez-vous la semaine prochaine avec les experts de la CBFA à ce sujet et il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

En tant que directeur général de Tecteo, qu'allez-vous proposer ?

Laissez-moi d’abord le temps d’en discuter avec mon comité de direction. Il est clair que nous prendrons toutes les mesures pour remédier à la situation. Il faut qu’on arrête de nous attaquer pour des péchés de jeunesse que nous sommes d’ailleurs en train de corriger.

Pourquoi Tecteo ne s'est-il pas contenté de gérer son fonds de pension tout en s'adaptant à la nouvelle législation plutôt que d'ouvrir la porte à d'autres fonds ?

La nouvelle législation sur les OFP impose une série de règles en matière de contrôle et de prévision plus contraignantes et qui entraînent des coûts fixes plus importants. Elle dit qu’à partir de 2012, les fonds de pension ne peuvent plus être gérés par des petites ASBL. Elle propose deux options : soit aller vers l’Etat, soit prendre la nouvelle forme juridique OFP. Tecteo a été le premier à opter pour la nouvelle structure et à se mettre en ordre en 2007. Nous nous sommes associés à l’Intégrale (fonds de pension de la métallurgie) pour partager les coûts fixes. C’est la même démarche qui a guidé les autres fonds de pension qui sont venus nous rejoindre.

Quid de l'ambition internationale qu'on prête à Ogeo Fund ?

Le statut d’OFP offre une immunité fiscale, car l’objectif des autorités est d’attirer des fonds étrangers en Belgique. Notre ambition était d’attirer des fonds d’institutions européennes. Malheureusement, la cheville ouvrière du fonds (NdlR : Marc Bolland) a opté pour une carrière politique. Nous allons maintenant reformer l’équipe et on verra après.