L’ère nouvelle des "social gamers"

Entamée grâce aux sites web de petits jeux arcade développés en flash et boostée par les titres grands publics de la Wii et de la Nintendo DS, la vulgarisation du jeu vidéo poursuit sa route par l’entremise des réseaux sociaux. Sur Facebook, rares sont les utilisateurs à ne pas avoir été invités à une Guerre des Gangs ou à taper la carte pour un Poker. Notre dossier spécial

L’ère nouvelle des "social gamers"
©D.R.
Michi-Hiro Tamaï

Entamée grâce aux sites web de petits jeux arcade développés en flash et boostée par les titres grands publics de la Wii et de la Nintendo DS, la vulgarisation du jeu vidéo poursuit sa route par l’entremise des réseaux sociaux. Sur Facebook, rares sont les utilisateurs à ne pas avoir été invités à une Guerre des Gangs ou à taper la carte pour un Poker.

A priori anodin, ce mariage entre social networking et gaming a donné naissance au social gaming. Un enfant terrible qui lentement fait découvrir aux 200 millions d’utilisateurs de Facebook (sans compter les autres réseaux) l’ivresse du des jeux en ligne de proximité, entre amis. Si diverses catégories de jeux se partagent le territoire Facebook, au-delà des titres de socialisation du type Pet Society, ceux articulant un gameplay au tour par tour comme le désormais célèbre Texas Hold’em Poker ou La Guerre des Gangs squattent le haut du panier. Suivi de près des productions basées sur des scores d’amis à battre. Facilement assimilable pour les novices, cette dernière catégorie amène une dimension inédite au jeu vidéo. Nouvelle tribu de joueurs Intérêt majeur des jeux en réseaux, la confrontation contre un humain plutôt qu’un ordinateur explose grâce au social gaming. Car si dans un jeu de course, un MMORPG ou un First Personn Shooter, la majeure partie des défis en ligne se déroule contre de parfaits inconnus, Facebook amène à en découdre virtuellement contres des proches. Meilleurs exemple du moment, Tetris Friends permet ainsi de marquer des points dans différentes catégories. Tout score du séminal casse tête dépassant (ou pas) celui d’un amis est immédiatement annoncé sur le fil d’actualité du réseau social, poussant clairement le "perdant" à prendre sa revanche, avec une escalade souvent incontrôlée des tentatives Et à la clef l’apparition d’une nouvelle forme de communauté de joueurs casual qui n’aurait jamais éclos ailleurs. Ce jeu en ligne de proximité qui a engendré 98 millions de dollars (1) d’investissement l’an passé ne va cependant pas dans un seul sens. Car si un nombre croissant de jeux envahit Facebook, le secteur vidéoludique traditionnel colonise également les réseaux sociaux. Via la nouvelle version 1.4. de son OS, la DSi de Nintendo s’est récemment ouverte à Facebook. La console portable à écran tactile peut ainsi automatiquement envoyer sur le profil Facebook de l’utilisateur des clichés pris avec son appareil photo intégré.

Habituellement timoré face aux dangers des réseaux sociaux pour son jeune public, Nintendo fait ici preuve d’une ouverture inhabituelle, qui démontre tout le poids pris par le réseau social de Mark Zuckerberg. De son côté, Microsoft devrait tenter ce mois-ci de mêler intimement la destinée de ses jeux vidéo au social networking. Au-delà des versions spéciales de Twitter et Last.fm sur Xbox 360, Facebook Connect devrait faire crépiter le buzz. Et pour cause, le programme permettra de photographier ses exploits vidéoludiques les plus spectaculaires pour les brandir sur son flux d’informations, histoire de narguer ses amis. Du jeu vidéo sur Facebook et inversement ? A ce niveau, le social gaming démontre un potentiel vertigineux.