Dubaï fait trembler la planète

Dubaï a fait trembler jeudi plusieurs marchés financiers internationaux et provoqué une chute des obligations islamiques au lendemain de l’annonce de son incapacité d’honorer à temps une partie de sa dette. Les indices boursiers ont baissé parfois de plus de 3 % alors que Wall Street était fermée. Les valeurs financières ont particulièrement trinqué. 3 questions à Bertrand Veraghaenne Les cours de bourseGalerie: la folie Dubai

Dubaï fait trembler la planète
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Dubaï a fait trembler jeudi plusieurs marchés financiers internationaux et provoqué une chute des obligations islamiques au lendemain de l’annonce de son incapacité d’honorer à temps une partie de sa dette. Les indices boursiers ont baissé parfois de plus de 3 % alors que Wall Street était fermée. Les valeurs financières ont particulièrement trinqué. L’exposition des banques européennes à la dette de Dubaï et des sociétés qui lui sont rattachées est estimée à environ 13 milliards d’euros, selon une note publiée jeudi par la banque Credit Suisse. Les analystes de Credit Suisse précisent toutefois que l’exposition des banques européennes au Moyen-Orient ne dépasse pas 1 à 2 % de leurs engagements, Dubaï n’en représentant qu’une portion.

L’émirat, touché de plein fouet par la crise financière après des années de boom, avait annoncé la veille son intention de demander aux créanciers de son conglomérat Dubai World, le plus large et le plus endetté, qui contrôle le géant de l’immobilier Nakheel, de surseoir de six mois au paiement de la dette arrivée à maturité. Nakheel se devait de régler en décembre quelque 3,5 milliards de dettes, sous forme d’obligations islamiques.

L’annonce gouvernementale est intervenue après la fermeture de la Bourse de Dubaï. La valeur des obligations émises par Nakheel en 2009 a toutefois plongé de 27 %, selon la banque d’investissement EFG-Hermes. "La dernière chose qu’on souhaiterait voir est un effet domino" avec le report de paiement de dettes d’autres firmes, a souligné la banque dans un communiqué.

"Cette région géographique ressemble désormais à un mirage du point de vue de la stabilité", a affirmé de son côté Manus Cranny, analyste de MF Global. "Ce moratoire de la dernière minute (...) est inacceptable", selon lui, affirmant que Dubaï ressemble à "une Irlande - non pire, une Islande - dans le procédé".

La dette totale de Dubaï était estimée à 80 milliards de dollars en 2008. Dubai World accapare à lui seul 59 milliards de dollars de ce montant. "Le marché s’était habitué à l’idée de la dette de Dubaï et s’attendait à un règlement de la dette de Nakheel en décembre 2009", a déclaré à l’AFP Monica Malik, économiste de la banque EFG-Hermes.

Les risques de faillite de l’émirat de Dubaï ravivent également les inquiétudes sur la santé financière de certains pays, notamment d’Europe de l’Est, écrasés par l’endettement public et affaiblis par la récession mondiale. La banqueroute d’un Etat n’est pas chose courante. La dernière en date remonte à 2001 lorsque l’Argentine a fait défaut sur sa dette publique externe, créant de graves troubles sociaux et ouvrant une crise dont le pays peine encore à se relever. Mais avec la récession, ce scénario noir revient en force. Contraints de secourir les contribuables et les banques, les Etats ont massivement emprunté auprès des marchés pour financer leurs déficits. Selon l’agence Moody’s, la dette publique mondiale aura bondi de 45 % entre 2007 et 2010. Résultat : les marchés pourraient se montrer plus méfiants vis-à-vis des titres de dette publique et se détourner des obligations émises par certains Etats, menaçant leur approvisionnement en argent frais. (AFP)

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