La volatilité des prix va s’accentuer

Moins de trois mois après la crise du lait, la question des revenus des agriculteurs était au centre d’un symposium, vendredi, au Salon de l’agriculture à Bruxelles. Cet automne, les éleveurs ont multiplié les manifestations pour dénoncer leurs difficultés.Etes-vous solidaires des agriculteurs?

M.Bs
La volatilité des prix va s’accentuer
©BELGA

Moins de trois mois après la crise du lait, la question des revenus des agriculteurs était au centre d’un symposium, vendredi, au Salon de l’agriculture à Bruxelles. Cet automne, les éleveurs ont multiplié les manifestations pour dénoncer leurs difficultés. "Je travaille et je perds de l’argent" : partout, on lisait et on entendait leurs témoignages. Si la forte baisse des prix du lait a alors conduit les laitiers au bord de la faillite, la problématique les dépasse. Et des études présentées vendredi, il ressort que la situation ne va pas s’arranger. Les secteurs agricole et horticole seront, à l’avenir, confrontés à une volatilité encore plus élevée. "En combinaison avec les effets de levier, cela fera bien évidemment fluctuer les revenus des agriculteurs", souligne Luc Versele, CEO du Crédit agricole, en commentant la conclusion de l’analyse réalisée par Guido Van Huylebroek de la Faculté des Sciences agronomiques de l’université de Gand. De plus, les agriculteurs souffrent d’une diminution des marges entre leurs charges et leurs recettes. "En raison des deux phénomènes, la croissance de la volatilité et de la baisse des marges, les producteurs sont donc confrontés à une prime de risque négative." En d’autres mots et contrairement à ce qui se passe pour les autres, les agriculteurs ne voient pas leurs revenus augmenter avec leurs risques, au contraire.

Alors comment faire face ? "En Europe, il y a une gamme d’instruments assez étendue", rappelle le directeur général adjoint du Crédit agricole France, Thierry Dardart. "Comme les assurances récoltes, les assurances prix garantis ou les marchés à terme." Les assurances récoltes existent d’ailleurs dans la moitié des Etats membres européens. "Là où le gouvernement a soutenu ce type de politique", commente Luc Versele. Chez nous, tout le monde (autorités comme agriculteurs) affirme ne pas avoir assez d’argent pour payer les primes. "Les banques jouent donc un rôle central avec leur politique de crédit", conclut le patron du Crédit agricole. Il faudra pourtant faire davantage. Sous l’impulsion européenne, les dégâts aujourd’hui couverts par le Fonds des calamités ne seront plus remboursés qu’à moitié à partir du 1er janvier 2010 si l’agriculteur n’est pas assuré. Et même si l’Europe accepte de repousser la date butoir comme le pensent certains, le dossier devra bien être bouclé à un moment où à un autre.