Heineken s’attaque à l’Amérique latine

Heineken a annoncé lundi le rachat du brasseur mexicain Femsa dans le cadre d’une opération toute en actions de 3,8 milliards d’euros, qui permettra au groupe néerlandais d’occuper des positions de premier plan sur les marchés mexicain et brésilien.

AvC (avec Reuters)

Heineken a annoncé lundi le rachat du brasseur mexicain Femsa dans le cadre d’une opération toute en actions de 3,8 milliards d’euros, qui permettra au groupe néerlandais d’occuper des positions de premier plan sur les marchés mexicain et brésilien.

A l’issue des différentes étapes de la transaction, Femsa deviendra le deuxième plus gros actionnaire de Heineken, avec une participation directe et indirecte de 20 % dans le groupe. La famille Heineken reste le premier actionnaire de Heineken (via Heineken Holding).

Un rapprochement entre Heineken et Femsa était largement attendu après que le Britannique SABMiller s’est retiré dimanche de la course pour le brasseur mexicain.

Heineken précise dans un communiqué que la valeur d’entreprise de l’opération, qui devrait être finalisée au cours du deuxième trimestre, est de 5,3 milliards d’euros avec prise en compte des engagements retraite et de l’endettement net. Heineken a dit tabler sur des synergies de coûts annuelles de 150 millions d’euros d’ici 2013, ajoutant que l’opération devrait avoir un effet relutif sur le bénéfice par action d’ici deux ans. Le groupe émettra 86 millions d’actions nouvelles en direction de Femsa et s’est également engagé à lui fournir 29 millions d’actions existantes sur une période n’excédant pas cinq ans. C’est la première fois depuis 1968 que le groupe néerlandais émet de nouvelles actions pour un rachat !

Grâce à ce rachat, Heineken peut vendre sa marque sur le marché de la bière premium au Mexique et au Brésil, deux marchés où AB InBev est très présent Il se hisse également à la deuxième place sur le marché mexicain de la bière (43 %) qui connaît un taux de croissance de 2,5 % par an.

Les investisseurs ont réagi de manière très positive à ce rachat : l’action Heineken a clôturé hier sur une hausse de 3,26 % à 34 euros. "L’opération Femsa était une nécessité stratégique pour Heineken", estiment dans une note de recherche les analystes de SNS Securities, qui ajoutent toutefois qu’avec un prix représentant 11 fois l’Ebitda, l’opération n’était "pas bon marché". Réaction plus enthousiaste d’un autre analyste : "C’est un rachat unique. Car le marché de la bière est en croissance en Amérique latine et Heineken y a encore une présence limitée", commentait Jan Meijer de la société Theodoor Gilissen sur le site du Financieele Dagblad.