Opel Anvers : le scénario du pire

Ce jeudi 21 janvier 2010 restera-t-il l’un des jours les plus sombres de l’industrie automobile du pays, et plus spécifiquement en Flandre ? C’est la question que l’on pouvait se poser hier soir à la lecture des propos de certains représentants syndicaux. Opel Anvers a peu de chances de survivre Les syndicats ferment les portes du parking

Opel Anvers : le scénario du pire
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V.S.

Ce jeudi 21 janvier 2010 restera-t-il l’un des jours les plus sombres de l’industrie automobile du pays, et plus spécifiquement en Flandre ? C’est la question que l’on pouvait se poser hier soir à la lecture des propos de certains représentants syndicaux qui laissaient entrevoir l’officialisation aujourd’hui de la fermeture de l’usine Opel à Anvers. "Il y a 99,99 % de chance que l’on annonce la fermeture de l’usine", expliquait hier en début de soirée Walter Cnop, secrétaire national de la CSC-Métal. "Tout indique cela. La vitesse à laquelle tout se déroulera. Le fait que les gens puissent rentrer chez eux", ajoutait, de son côté, Eddy De Decker, également de la CSC.

Le planning de la journée de jeudi laisse en effet entrevoir l’annonce de nouvelles importantes. Cela commencera en matinée à Bruxelles par un comité européen de pilotage puis sur le site d’Anvers, sur le coup de 10h30, par un conseil d’entreprise extraordinaire, à l’issue duquel le personnel sera informé des décisions prises. Le même cérémonial aura lieu l’après-midi pour la seconde équipe.

Cela fait des mois que le spectre d’une fermeture plane sur le site d’Anvers. On s’en souvient, la maison-mère d’Opel, le groupe américain General Motors - il y a quelques mois au bord de la faillite -, avait finalement décidé de conserver sa filiale européenne après avoir envisagé pendant de longs mois de s’en défaire. Mais confronté aux effets de la crise, à un marché européen de l’automobile en situation structurelle de surcapacités et au lobbying des autorités allemandes pour limiter la casse sur son sol, la donne n’avait pas véritablement changé : Opel Anvers restait clairement en danger. En dépit des efforts menés par Kris Peeters et le gouvernement flamand pour tenter de bétonner l’avenir du site.

A ce stade, et dans l’attente d’une communication, la prudence doit rester de mise, des mesures compensatoires pour le site n’étant pas exclues. Mais si l’annonce de la fermeture d’Anvers se confirme ce jeudi, l’onde de choc sera évidemment terrible pour la Flandre, déjà plus durement touchée que la Wallonie par la crise actuelle en termes de pertes d’emplois ou de faillites. Car Opel Anvers, c’est 2 300 emplois directs et au total, en intégrant les sous-traitants, près de 10 000 postes. En attendant une annonce, les syndicats bloquent les voitures assemblées. La tension est à son maximum.

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