"Une mesure indispensable", explique le patron d'Opel

La direction du constructeur automobile Opel a annoncé jeudi à Bruxelles son intention de "mettre progressivement un terme à ses activités de production à Anvers au cours de l'année 2010", une mesure qualifiée "d'indispensable à la reconstruction d'Opel".

AFP
"Une mesure indispensable", explique le patron d'Opel
©AP

La direction du constructeur automobile Opel a annoncé jeudi à Bruxelles son intention de "mettre progressivement un terme à ses activités de production à Anvers au cours de l'année 2010", une mesure qualifiée "d'indispensable à la reconstruction d'Opel". "Nous comprenons pleinement l'impact que cette annonce aura sur nos employés à Anvers, et sur leurs familles, et nous sommes de tout coeur avec eux", a indiqué jeudi à Bruxelles Nick Reilly, CEO d'Opel, lequel a fait part de sa volonté de trouver "un accord socialement responsable" avec les représentants du personnel.

"La décision n'a pas été prise à la légère. C'est malheureusement le résultat de la réalité économique actuelle. Nous devons faire cette annonce aujourd'hui afin d'assurer un avenir viable pour les activités d'Opel et de Vauxhall dans leur totalité", a-t-il ajouté. La direction du constructeur explique cette décision par sa surcapacité de production, dans un marché automobile européen en pleine dépression. Opel table pour 2010 sur une baisse des ventes en Europe de 1,5 million d'unités par rapport à 2009, et de 4 millions d'unités par rapport à 2007.

"Afin d'assurer sa survie, Opel doit réduire sa capacité de production d'environ 20 pc, soit environ 350.000 voitures", a ajouté Opel. Interrogé par la presse sur le choix du site d'Anvers en particulier, le patron d'Opel a évoqué une "combinaison de faits", le principal étant qu'Anvers "construit aussi des produits qui sont fabriqués dans d'autres usines" du groupe. "Cette décision n'a rien à voir avec la performance des travailleurs (d'Anvers)", a-t-il assuré. "Nous devions fermer une usine, et malheureusement, c'est Anvers".

Celle-ci devrait fermer d'ici l'été, "mais je ne peux vous dire si sera juin, juillet ou août". Pour Opel, cette fermeture à Anvers est "la première étape d'un plan de restructuration qui touchera toutes les usines (du groupe)". "Il n'y aura pas d'autres fermetures complètes, mais toutes les usines subiront des réductions de production", a-t-il averti. Au total, le constructeur programme la suppression de 8.300 emplois sur le Vieux continent, dont 4.000 en Allemagne. Présente à Anvers depuis plus de 80 ans, l'usine Opel emploie actuellement plus de 2.600 personnes. La direction a annoncé jeudi son intention de vendre le site dont elle est propriétaire. Il y a peu, le constructeur s'était formellement engagé auprès du gouvernement flamand à faire construire un véhicule tout terrain léger à Anvers. Un accord aujourd'hui caduc.

"La promesse à l'époque concernant ce véhicule tout terrain était tout à fait sincère", a assuré M. Reilly, qui devrait rencontrer ce vendredi le ministre-président flamand, Kris Peeters. "Mais cette industrie est aujourd'hui en déclin, et les prévisions de vente (de ce modèle, ndlr) aussi. Nous le ferons construire en Corée. C'est plus économique pour nous de le construire là-bas. Nous ne pouvons nous permettre de doubler cette ligne de production".

la direction promet un plan de licenciement "socialement responsable"

Le directeur général du constructeur automobile Opel, Nick Reilly, s'est engagé jeudi à négocier un "accord socialement responsable", après l'annonce de la fermeture prochaine de son usine d'Anvers, qui emploie plus de 2.600 personnes. "Notre volonté est de trouver un accord socialement responsable", a-t-il assuré jeudi lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Interrogé par la presse sur les conditions qu'il entendait offrir, et le délai qu'il se donnait pour boucler ce paquet social, le patron d'Opel ne s'est pas avancé. "Je ne sais pas ce qui sortira de ces négociations qui doivent maintenant commencer. Il est aussi difficile de dire combien de temps cela prendra...".

Selon lui, ce plan devrait toutefois contenir trois éléments: une prime de licenciement, des aides pour attirer un nouvel investisseur sur le site, et des "encouragements" au gouvernement flamand pour qu'il organise des programmes de formation pour les travailleurs licenciés. M. Reilly a exclu que son groupe utilise à l'avenir l'usine anversoise pour produire des pièces de voitures. "Nous ne sommes pas intéressés à construire des pièces de voitures à Anvers. Mais si un investisseur souhaite le faire, l'usine est là", a conclu M. Reilly, qui annonce son intention de vendre le site anversois où Opel était établie depuis plus de 80 ans.

Sur le même sujet