Opel Anvers gagnait de l’argent

L’espoir est toujours bien là, tenaillé au corps des responsables syndicaux et politiques flamands de pouvoir trouver une solution, d’éviter la fermeture annoncée de l’usine d’Anvers avec son cortège de licenciements et de drames humains.Edito: La Flandre et la crise "Aucune demande" Les syndicats allemands ne feront pas le moindre effort

P.D.-D.
Opel Anvers gagnait de l’argent
©BELGA

L’espoir est toujours bien là, tenaillé au corps des responsables syndicaux et politiques flamands de pouvoir trouver une solution, d’éviter la fermeture annoncée de l’usine d’Anvers avec son cortège de licenciements et de drames humains.

Mais l’espoir est sans doute ténu - comment pourrait-il en être autrement ? -, tant le site belge d’Opel semble bel et bien condamné à disparaître dans quelques mois, sacrifié sur l’autel de la restructuration de la filiale européenne du groupe américain General Motors.

Le bourgmestre d’Anvers, Patrick Janssens, est l’un de ceux qui ne veulent pas baisser les bras, refusant de se résigner face à l’annonce faite, jeudi, par Nick Reilly de cesser les activités du site anversois pour l’été.

" GM préférerait que l’on jette l’éponge maintenant, mais ce n’est pas ce que nous allons faire. Nous soutenons la position du gouvernement flamand et des syndicats selon laquelle il faut chercher des alternatives crédibles au scénario de fermeture ", a-t-il déclaré à l’issue d’une rencontre avec le ministre président flamand, Kris Peeters.

Un Kris Peeters qui avait, lui, multiplié les initiatives au cours des derniers mois pour tenter d’éviter l’inéluctable, promettant notamment 500 millions d’euros d’aide à Opel en échange du maintien de l’activité d’Opel à Anvers. Ce demi-milliard d’euros n’a pas pesé lourd, comme la promesse d’Opel de confier à Anvers la construction de 4x4 légers.

Le ministre-Président flamand n’a d’ailleurs pas mâché ses mots lors d’un entretien téléphonique avec le patron d’Opel. " Nous sommes indignés par la manière dont une multinationale comme GM a traité ce dossier. La décision de fermer Opel Anvers est une faute. Le site d’Anvers est sain et la fermeture d’une entreprise saine n’est pas raisonnable", a lancé Kris Peeters au cours de cet entretien.

Pas de quoi, sans doute, décontenancé Nick Reilly, bien décidé à mener son plan de restructuration à bon port, quoi qu’il en coûte. Il l’a déjà dit et répété à maintes reprises, ce plan de restructuration est le prix à payer pour la survie du groupe Opel.

Kris Peeters a une nouvelle fois reproché à la direction d’Opel de ne pas avoir fondé sa décision sur des raisons purement économiques.

La productivité du site d’Anvers serait ainsi plus élevée que dans certaines usines allemandes.

Anvers avait toutefois le gros désavantage de produire un modèle - l’Astra - en fin de parcours.

Si le groupe perd (beaucoup) d’argent, cela n’est d’ailleurs pas le cas d’Opel Anvers.

Opel Belgium a ainsi réalisé 3,4 millions d’euros de bénéfices, et ce, après avoir cédé 30 millions d’euros pour couvrir les pertes européennes d’Opel, a expliqué, vendredi, Rudi Kennes de la FGTB, à l’issue du conseil d’entreprise.

Anvers ne perdait donc pas d’argent : le site en gagnait même en 2009, ce qui était en soi une gageure dans un tel contexte économique.

Les syndicats mobiliseront leurs troupes, mardi, lors de la visite du président du conseil d’entreprise européen d’Opel. Les Belges sont convaincus que la solidarité entre les différents syndicats européens sera maintenue.

Une telle solidarité, malheureusement, n’avait pas réussi à empêcher la fermeture de Renault Vilvorde ou la sévère restructuration de VW Forest.

D’ici là, ils continuent à occuper l’usine et à empêcher la sortie des véhicules produits. Autant de témoins de la capacité des Anversois de bien faire leur travail, comme le soulignait d’ailleurs sans rire, jeudi, le patron d’Opel.


Un (petit) parachute européen"Notre première priorité do it être d’aider les travailleurs d’Opel Anvers à retrouver le plus vite possible un emploi", a déclaré vendredi Pia Ahrenkilde Hanse, porte-parole de la Commission. Elle a ajouté que ces personnes devraient pouvoir bénéficier d’aides européennes d’accompagnement pour retrouver un emploi. Dont le Fonds d’ajustement à la mondialisation (FEM), créé en 2006 et renforcé en 2009, pour faire face à la crise. Dans le cadre de ce fonds, 500 millions d’euros sont potentiellement disponibles chaque année pour favoriser la recherche individuelle d’un nouvel emploi, notamment en se formant et/ou se recyclant professionnellement. Par ailleurs, le FEM fournit aussi des compléments de revenus d’activités, spéciaux et temporaires - aides à la mobilité, à la formation. En revanche, il ne finance pas les mesures de protection sociale passive, comme les allocations de chômage. Un autre outil est le Fonds social européen, doté de 75 milliards d’euros pour la période 2007-2013, notamment dédiés à la création d’emplois de qualité. OleB