L’intérim en phase de convalescence

Depuis octobre 2008, le groupe Vedior, spécialiste de l’intérim sur le marché belge, est devenu Tempo Team. En mai 2008, il avait déjà été intégré dans le holding Randstad. Son patron, Corné Verbraak, dresse pour "La Libre" un bilan de ce repositionnement, qui s’est fait, hasard du calendrier, à un moment économique très difficile.

Solange Berger
L’intérim en phase de convalescence
©D.R.

Entretien

Depuis octobre 2008, le groupe Vedior, spécialiste de l’intérim sur le marché belge, est devenu Tempo Team. En mai 2008, il avait déjà été intégré dans le holding Randstad. Son patron, Corné Verbraak, dresse pour "La Libre" un bilan de ce repositionnement, qui s’est fait, hasard du calendrier, à un moment économique très difficile.

Quel fut l’impact de ce changement de nom ?

En un peu plus d’un an, nous avons acquis une belle notoriété. Trois Belges sur quatre connaissent le nom Tempo Team. Nous avons misé sur une communication importante, en interne et en externe. Nos collaborateurs étaient les acteurs de la campagne. Et quelque part, nous avons bénéficié de la crise : nos concurrents ont moins communiqué à ce moment-là

Et votre intégration au holding Randstad ?

En Belgique, nous restons concurrents, même si nous sommes dans le même groupe. Mais certains départements ont fusionné.

Quinze mois de Tempo Team, c’est aussi quinze mois de crise….

Tout l’intérim a souffert. En 2008, nous étions, pour les membres de Federgon, la fédération du secteur, à 180 millions d’heures prestées. En 2009, la chute a été de 22%. Faisant partie du holding Randstad, je ne peux donner de chiffres. Mais ce que je peux dire, c’est que nous avons augmenté nos parts de marché. Nous nous sommes donc un peu moins mal portés que le marché.

Quels sont les secteurs qui ont le plus souffert ?

La métallurgie et l’automobile ont durement été touchés. Par contre, d’autres secteurs ne se sont pas trop mal comportés, comme le médical ou les "call centers". Celui des chèques services, non repris dans les chiffres de l’intérim, a bien fonctionné.

Qu’en est-il des métiers en pénurie ?

Les entreprises qui avaient du mal à trouver certains profils avant la crise ont toujours ce problème. La crise a augmenté le nombre de chômeurs mais pas la qualité de ceux-ci.

Sentez-vous une reprise de l’activité ?

La chute freine. Mais le secteur reste en négatif. En été, nous avons été jusqu’à -30 %. En décembre 2009, nous étions à -8 % par rapport à décembre 2008. C’est déjà un mieux. Et entre novembre et décembre 2009, l’intérim a enregistré une progression de 0,89%.

Le pire est-il derrière vous?

Les plus pessimistes disent que nous allons connaître une nouvelle chute; les optimistes que la crise est passée. C’est assez difficile à dire. Le secteur de l’intérim est en général un bon indicateur du marché du travail. Nous sentons la crise un peu avant les autres; et la reprise aussi. Il est en tout cas certain que des entreprises vont devoir encore restructurer.Plus de chômage donc. Quand l’économie redémarre, les entreprises ont besoin de travailleurs. Souvent elles optent pour des intérimaires. Et puis engagent des travailleurs fixes. Mais dans combien de temps ? Nous sommes tous dans l’attente. Aux Etats-Unis, le nombre d’intérimaires comptabilisés en novembre 2009 était supérieur à celui de novembre 2008. C’est un signe de reprise, qui devrait normalement aussi se réaliser en Europe avec un décalage.

Quelles sont vos ambitions pour 2010 ?

Tempo Team est numéro 3, derrière Randstad et Start People. Nous voulons devenir numéro 2.