Les "trois commandements" du capitaine Johnny Thijs : solidité, fiabilité et croissance

Comme chaque année à pareille époque, Johnny Thijs réunissait lundi après-midi au Heysel quelque 1 500 cadres de La Poste. L’administrateur-délégué a saisi l’occasion pour dévoiler un nouveau "mission statement" à ses troupes.

P.-F.L.

Comme chaque année à pareille époque, Johnny Thijs réunissait lundi après-midi au Heysel quelque 1 500 cadres de La Poste. L’administrateur-délégué a saisi l’occasion pour dévoiler un nouveau "mission statement" à ses troupes. "Nous devons être encore plus ambitieux" , a-t-il expliqué. Ladite lettre de missions se décline sous la forme d’un triple commandement. Un : nous serons l’opérateur postal le plus solide et le plus fiable. Deux : dans un monde en pleine mutation, nous nous appuierons sur nos compétences de base pour développer de nouvelles activités et nous garantir une croissance durable et rentable. Trois : nous ferons la différence vis-à-vis de nos clients et de la société grâce à l’engagement et à la motivation de notre personnel.

De ces ambitions, on épinglera surtout la nécessité de développer de nouvelles activités. Face à la baisse structurelle du volume de courrier (de l’ordre de 2 à 4 % par an), La Poste a déjà pris pied sur de nouveaux segments : direct mail, paquets, gestion de documents, courrier international, etc. "Mais à long terme, prévient M. Thijs , cela ne suffira pas. Il faudra trouver de nouveaux segments." Ce qui pourrait passer par le rachat de sociétés existantes, belges ou étrangères ? "Je veux surtout mettre davantage la pression sur la croissance organique , répond le patron de La Poste. Il existe des possibilités de construire de nouveaux produits. Le tout sera de déterminer s’il y a un public pour ces produits."

S’agissant de l’arrivée de concurrents potentiels sur le segment du courrier de moins de 50 grammes à partir de 2011, M. Thijs ne manque pas d’humour. "Oui, j’ai peur. Mais qu’ils viennent pour qu’on puisse commencer à se bagarrer !" , lance-t-il, le sourire aux lèvres. Et, se faisant plus sérieux, de rappeler au monde politique qu’il doit encore finaliser l’adoption "de règles du jeu" de façon claire et définitive, ainsi qu’un nouveau contrat de gestion quinquennal.