"3D": après le ciné, la télé

Le mouvement de numérisation du secteur des médias, entendu au sens large, se poursuit et pousse toute une industrie à se réinventer.

P.-F.L.

Le mouvement de numérisation du secteur des médias, entendu au sens large, se poursuit et pousse toute une industrie à se réinventer. Partant de ce constat, le bureau d’études et de consultance Deloitte tente de prédire les grandes tendances que connaîtront, en 2010, les secteurs dits "TMT" (télécoms, médias, technologies). "La Libre" a pu prendre connaissance, en primeur, de l’étude de Deloitte.

Ladite étude apporte un éclairage particulièrement intéressant, au regard des activités déployées par la société belge EVS (lire par ailleurs), sur le phénomène de la production et de la diffusion de contenus audiovisuels en trois dimensions (3D). Jacques Galloy et Pierre L’Hoest considèrent en effet qu’avec la HD (haute définition), la 3D se profile comme "le nouveau mot magique" en matière d’applications vidéos numériques.

D’aucuns considèrent que l’année 2009 aura marqué le véritable coup d’envoi de la 3D sur les grands écrans ("Avatar" en étant le porte-drapeau). Il est probable que de plus en plus de productions cinématographiques auront recours à la technologie 3D. D’où la prédiction avancée par les experts de Deloitte: "On verra cette année plusieurs innovations significatives en matière de télévision 3D, avec le lancement de chaînes en Europe et en Amérique du Nord ainsi que l’apparition de téléviseurs 3D." Et ces experts d’ajouter que le potentiel pour l’industrie - tant des constructeurs de récepteurs que des producteurs et des diffuseurs de programmes - est important à moyen terme. Le groupe Sony a notamment annoncé le lancement de téléviseurs 3D à l’occasion de la Coupe du monde de football qui se tiendra l’été prochain en Afrique du Sud. Et EVS sera de la partie puisque sa technologie sera parfaitement à même d’accueillir la 3D.

Les obstacles à l’essor de la télé en 3D ne manquent pas, souligne le rapport de Deloitte. Il y a notamment la coexistence de plusieurs standards de 3D, source de possibles confusions et frustrations chez les utilisateurs. Il y a aussi, à court terme, le manque de contenus audiovisuels en 3D. "La majorité des contenus 3D créés spécifiquement pour la télévision pourrait se limiter aux grands événements sportifs", avance Deloitte, confirmant donc tout l’intérêt des technologies de la société liégeoise EVS. Il y aura aussi l’obstacle du coût de programmes télé en 3D, ce qui pourrait limiter leur diffusion - à tout le moins dans un proche avenir - aux chaînes à péage.

Les experts de Deloitte, prudents sur le court terme, considèrent que la "3D TV" est appelée à un bel avenir. "Plus les gens pourront voir des films en 3D dans les salles de cinéma, écrivent- ils, plus ces mêmes personnes voudront connaître les mêmes expériences chez eux." Le processus pourrait être entretenu par les jalons posés dans le secteur des jeux vidéo, où des centaines de "games" ont d’ores et déjà basculé dans l’univers de la 3D.