La BEI accorde 65 millions d’euros à XDC

La société liégeoise XDC (DC pour "Digital Cinema"), actuellement leader européen pour les services liés au cinéma numérique (en bref, l’installation et la gestion des écrans digitaux), a obtenu un prêt de 65 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI), fait exceptionnel pour une entreprise de cette taille.

Frédéric Chardon

La société liégeoise XDC (DC pour "Digital Cinema"), actuellement leader européen pour les services liés au cinéma numérique (en bref, l’installation et la gestion des écrans digitaux), a obtenu un prêt de 65 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI), fait exceptionnel pour une entreprise de cette taille. Située à deux pas de la Médiacité, à Liège, XDC compte poursuivre son déploiement en Europe et renforcer ses activités de recherche et développement grâce au soutien de la BEI. Philippe Maystadt, président de l’institution européenne de financement à long terme, était d’ailleurs présent hier dans les locaux de XDC afin de signer officiellement l’accord.

Par ailleurs, ce prêt s’inscrit dans une structure de financement plus globale mise en place par BNP Paribas-Fortis, à laquelle la KBC et la CBC se sont jointes également. Concrètement, pour la première phase de ce montage financier, la BEI va libérer 16 millions d’euros pour XDC, tandis que la KBC et la CBC contribueront à l’opération à hauteur de 10 millions d’euros. Quant au groupe BNP Paribas-Fortis, il versera 24 millions d’euros aux Liégeois. En amont de cet emprunt de premier rang, XDC a également conclu un accord de financement avec Barco, le fabricant de projecteurs numériques.

Le leadership européen de XDC, filiale d’EVS (lire ci-contre), repose notamment sur l’offre d’un mécanisme de cofinancement qui prévoit le partage des coûts de passage au numérique entre les exploitants de salles et les distributeurs de films (baptisé VPF ou Virtual Print Fee).

En gros, l’exploitant ne devra débourser que 25 % du coût total de l’opération (de 70 000 à 100 000 euros), le reste étant payé par les distributeurs qui, grâce à la technologie digitale, réalisent de sérieuses économies sur les frais de pellicules.

A ce sujet, l’entreprise liégeoise est la première à avoir signé (en 2008) des accords de déploiement VPF avec les plus grands studios américains (Warner, Fox, Universal, Paramount, Sony et Disney).

En ce qui concerne l’emploi, Serge Plasch, administrateur délégué de XDC, est optimiste vu l’explosion actuelle du marché du cinéma numérique : " Nous sommes passés de 15 à 60 personnes depuis la création de XDC en 2005. Et dans les deux prochaines années, nous serons une centaine de personnes à Liège. "

L’objectif de XDC est d’équiper numériquement pas moins de 8 000 salles en cinq ans en Europe (sur les 35 000 salles existant sur le Vieux Continent, 4 000 sont déjà dotées de la technologie digitale) et ce, toujours dans le cadre de la technique de cofinancement VPF. " Nous avons déjà signé un contrat avec 1 400 salles environ et nous sommes actuellement en négociation avec le même nombre d’exploitants . Donc, un tiers de notre business plan est d’ores et déjà réalisé , ajoute le CEO de XDC. Pour l’instant, 700 salles européennes fonctionnent tous les jours grâce à notre technologie. En Suisse, au Portugal, en Espagne, en Autriche, en Allemagne On va démarrer aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et en France, même si le marché est plus difficile pour nous là-bas. "

Bref, que de bonnes perspectives Même si XDC, créée en 2005, n’a pas encore atteint son seuil de rentabilité. " L’entreprise sera rentable à partir de 2 200 salles équipées", explique Serge Plasch. En principe, cet objectif pourrait être atteint assez rapidement, les conversions de salles vers le numérique allant en s’accélérant. En effet, l’expansion de cette technologie dépasse le cadre strict du 7e art. Désormais, des concerts ou des opéras peuvent être retransmis en "live" sur écran de cinéma. Autre application en "salle" : le "gaming".