Le conseil de Fortis dupé?

Le temps des règlements de comptes ou des fuites bien orchestrées aurait-il commencé dans l’affaire Fortis? On serait tenté de se poser la question suite à l’information parue vendredi selon laquelle ni le conseil d’administration de Fortis, ni son sous-comité chargé des questions de capital à risque n’étaient informés des pertes de valeurs attendues sur le portefeuille subprime.Notre dossier sur l'affaire Fortis

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AvC

Le temps des règlements de comptes ou des fuites bien orchestrées aurait-il commencé dans l’affaire Fortis? On serait tenté de se poser la question suite à l’information parue vendredi dans "Le Soir" selon lequel ni le conseil d’administration de Fortis, ni son sous-comité chargé des questions de capital à risque n’étaient informés des pertes de valeurs attendues sur le portefeuille subprime (CDO) en septembre 2007. Et cela alors que le groupe financier s’apprêtait à débourser 24 milliards d’euros pour racheter certains actifs d’ABN Amro.

Selon "Le Soir", les experts de la division Merchant Banking étaient d’avis qu’il fallait faire une dépréciation de 400 millions d’euros sur le portefeuille CDO. Ils le font savoir par courrier interne fin août 2007. Mais cette information n’est jamais parvenue au comité d’audit qui, pourtant, s’est réuni le 20 septembre 2007, à la veille de l’ouverture de l’augmentation de capital qui visait à financer en partie le rachat d’ABN Amro. A cette réunion, Filip Dierckx, le patron, à l’époque, de la division Merchant Banking estime que "même en supposant une détérioration ultérieure de 20 % de la sévérité actuelle sur le marché du subprime, l’impact supplémentaire serait approximativement de 20 millions d’euros". Il y a toutefois une inconnue: qui a décidé de taire la vérité au conseil d’administration?

D’après l’avocat Robert Wtterwulghe, cette information confirme " qu’il y avait des problèmes d’organisation" au sein du groupe Fortis. Toutefois, selon lui, cela n’enlève pas forcément toute responsabilité du conseil dans la débâcle qui a eu lieu en octobre 2008. "Un administrateur doit aussi poser des questions; il ne doit pas accepter n’importe quoi. La vraie question est de savoir si les administrateurs ont essayé de vérifier ce qu’on leur disait", explique-t-il, tout en estimant que "souvent les conseils d’administration suivent les choses de très loin".

Toujours à propos de ce dossier Fortis, soulignons encore qu’il y a quelques jours, le tribunal d’Utrecht a rejeté la demande de l’ex-CEO, Jean-Paul Votron de comparaître devant un tribunal belge, en français. Suite à une plainte déposée par des actionnaires aux Pays-Bas, Maurice Lippens, Gilbert Mittler et Jean-Paul Votron devront donc comparaître devant la justice néerlandaise. Au travers de cette audition, l’avocat des actionnaires veut savoir de quelles informations le trio disposait et dans quelle mesure ses déclarations ont contribué au démantèlement du groupe.