Le lait à nouveau sur le feu

Encore un bouillant dossier sur la table de la présidence belge de l’Union européenne. Réunis ce lundi à Bruxelles, les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept ont débattu des conclusions du rapport présenté au début du mois.Le blog Eco NetLe blog Trans Europe Express

OleB et J.Th (st.)
Le lait à nouveau sur le feu
©BELGA

Encore un bouillant dossier sur la table de la présidence belge de l’Union européenne. Réunis ce lundi à Bruxelles, les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept ont débattu des conclusions du rapport présenté au début du mois par le groupe d’experts de haut niveau sur la façon de mieux réguler le secteur laitier, touché l’an dernier par la dégringolade du prix du lait.

Le groupe d’experts préconise, entre autres, de développer l’usage de contrats formels entre producteurs et intermédiaires établissant clairement, pour une durée déterminée, le prix et le volume du lait que les premiers livrent au second, afin de stabiliser les prix.

Le groupe invite également la Commission à déposer sur la table une proposition législative qui renforcerait le pouvoir de négociations des producteurs, notamment en permettant aux organisations professionnelles de mener des négociations collectives, à la manière de ce qui existe déjà dans le secteur des fruits et légumes.

Ces recommandations des experts doivent servir de base pour le paquet de propositions législatives que l’exécutif européen déposera d’ici la fin de l’année, a promis le commissaire à l’Agriculture, Dacian Ciolos. "Dans cette période qui nous reste avant l’élimination des quotas laitiers, il faut que nous puissions proposer au secteur laitier un cadre de fonctionnement qui donne aux producteurs un certain degré de confiance pour investir et se développer", a déclaré le Roumain à la presse, à l’issue de la réunion.

"Ce dossier doit aboutir rapidement à une prise de décision", a insisté la ministre belge (fédérale) de l’Agriculture Sabine Laruelle (MR), qui présidait le Conseil. La présidence belge, a complété Mme Laruelle, tentera d’obtenir l’unanimité des Etats membres sur les propositions de la Commission. Ou à défaut "une large majorité qualifiée".

Reste que les propositions du rapport du groupe d’experts provoquent l’inquiétude et le courroux de producteurs de lait européens. Plusieurs centaines (300 selon la police, 1000 selon les organisateurs) ont bloqué le rond-point Schuman avec leurs tracteurs pendant la réunion des ministres pour le faire savoir. Ces propositions "sont néfastes pour le producteur comme pour le consommateur de lait", déplore le Belge Erwin Schopges vice-président du Milk producers interests group et membre du C.A. du European milk board. "On veut garder notre indépendance et que notre survie financière ne dépende ni des contrats de l’industrie ni des primes européennes. Nous demandons donc un encadrement, une gestion publique du secteur laitier pour ne pas être seuls contre les puissants intermédiaires du lait" - le commissaire Ciolos a cependant indiqué que l’ère "de la gestion de l’offre administrée par l’Etat" était révolue.

Même écho dans la bouche de cette agricultrice venue du Nord de la France : "Ce que veulent ces coopératives de lait, qui couvrent des régions entières, c’est nous imposer l’achat de leurs céréales, leur équipement, leurs vêtements, leur lessive "