Les pro-WikiLeaks contre-attaquent

We are glad to tell you that www.mastercard.com is down and it’s confirmed !" Voilà en quelques mots résumées sur Twitter par le groupe Anon_Operation (Anonymous) l’existence et la réussite d’une attaque informatique en règle menée par des pirates du Net à l’encontre d’un site Internet qu’on pourrait imaginer invulnérable.

Les pro-WikiLeaks contre-attaquent
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We are glad to tell you that www.mastercard.com is down and it’s confirmed !" Voilà en quelques mots résumées sur Twitter par le groupe Anon_Operation (Anonymous) l’existence et la réussite d’une attaque informatique en règle menée par des pirates du Net à l’encontre d’un site Internet qu’on pourrait imaginer invulnérable. Celui d’un des principaux opérateurs mondiaux de paiements L’Opération Payback (remboursement) vise à sanctionner les intermédiaires financiers qui contribuent par la fermeture de comptes bancaires ou d’accès aux moyens de paiement électroniques, à assécher l’équipe de WikiLeaks, après l’arrestation de son patron, l’Australien Julian Assange. D’autres attaques ont visé le site Internet Postfinance.ch, filiale de services financiers de la Poste suisse, qui a abrité puis fermé un compte du fondateur de WikiLeaks. Quelques heures après l’arrestation d’Assange en vertu d’un mandat d’arrêt pour viol et agression sexuelle en Suède, le site Internet du parquet suédois a été victime d’une cyberattaque. Mercredi, c’était au tour du site Internet et des e-mails de l’avocat des deux Suédoises à l’origine de la plainte pour en question.

Difficile de dire qui est réellement derrière les différentes opérations. Mais le modus operandi est souvent le même. "On parle en effet d’attaques DoS (denial of service attack) ou de déni de service, nous explique Olivier Bogaert (1), un des spécialistes de la police informatique belge . Il existe différentes méthodes, mais la plus courante est l’attaque via un Botnet, soit un ensemble de machines situées un peu partout dans le monde, et infectée par un petit programme qui peut être activé à distance par le pirate via son propre serveur. Celui-ci qui peut disposer de dizaines de milliers de machines - celles de particuliers qui ne se doutent de rien - peut ainsi déclencher une attaque massive sur un site. Chaque machine envoie une requête vers le serveur du site visé, puis disparaît instantanément. Le serveur qui reçoit la requête tente de recontacter cette machine appelante, sans succès, ce qui lui prend du temps. Et lorsqu’il reçoit trop de demandes répétées, il finit par se planter."

Le groupe Anonymous avait menacé en début de semaine de lancer ces attaques par déni de service contre des entreprises telles que la société de paiement en ligne PayPal qui ont bloqué les moyens de paiement de WikiLeaks. Ils y voient une tentative de censurer WikiLeaks, dont les fuites dans la presse sur les télégrammes diplomatiques américains irritent fortement l’administration Obama, dans le cadre de "la première guerre informatique".

Et, finalement, des voix "autorisées" commencent à s’inquiéter de la forme de répression qui touche le site d’information. D’abord, parce qu’on mêle étrangement deux affaires qui ne sont pas liées : une affaire de mœurs et la mise à disposition de documents confidentiels. L’avocat des victimes présumées de Julian Assange a affirmé lui-même, mercredi, que l’affaire de viol dont le fondateur de WikiLeaks est soupçonné en Suède n’a "rien à voir" avec les activités controversées du site Internet, l’appelant à le reconnaître publiquement. De son côté, le ministre australien des Affaires étrangères Kevin Rudd a déclaré que si quelqu’un était responsable des fuites de télégrammes diplomatiques, c’étaient les Etats-Unis et non le site WikiLeaks qui les avait diffusées.

P.V.C. (avec l’AFP)

(1) Olivier Bogaert est coauteur d’un livre pédagogique sur les risques d’Internet "Surfons tranquille", Ed. Racine.


Des hackers attaquent le site du gouvernement suédois Le site internet du gouvernement suédois a été attaqué jeudi par des hackers, rapporte le tabloïd Aftonbladet, alors que se multiplient les cyber-attaques menées par des partisans du site WikiLeaks et de son fondateur Julian Assange. Selon Aftonbladet, qui ne précise pas l'origine de l'attaque, le site du gouvernement suédois http://www.regeringen.se était inaccessible pendant quelque heures dans la nuit de mercredi à jeudi. Le site fonctionnait normalement jeudi matin, a constaté l'AFP. Une porte-parole du gouvernement, Mari Ternbo, a déclaré à l'AFP ne pas être en mesure de confirmer qu'une cyber-attaque ait effectivement visé le site, tout en précisant qu'elle ne commentait pas les questions de sécurité. Depuis l'arrestation d'Assange mardi à Londres en vertu d'un mandat d'arrêt pour viol et agression sexuelle en Suède, plusieurs attaques informatiques ont été rapportées visant le site du parquet suédois, le site et les courriers électroniques de l'avocat des deux Suédoises à l'origine de la plainte en Suède. Un groupe de pirates informatiques, "Anonymous", a en outre lancé mercredi une vaste attaque coordonnée contre les sites internet d'entreprises ayant privé WikiLeaks de leurs services financiers, notamment pour récolter des dons. Le site de Sarah Palin, figure des ultra-conservateurs américains, a également été visé. Elle avait déclaré que M. Assange avait du "sang sur les mains".


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