Zone euro : "Pas d’éclatement"

Existe-t-il un risque d’éclatement de la zone euro ? Cette question fut largement abordée lundi lors du colloque "risque pays 2011" organisé à Paris par Coface, groupe français spécialisé dans l’assurance-crédit. Et la réponse donnée est plutôt rassurante.

Zone euro : "Pas d’éclatement"
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Ariane van Caloen

A Paris

Existe-t-il un risque d’éclatement de la zone euro ? Cette question fut largement abordée lundi lors du colloque "risque pays 2011" organisé à Paris par Coface, groupe français spécialisé dans l’assurance-crédit. Et la réponse donnée est plutôt rassurante. "Je n’y crois pas", a estimé Yves Zlotowski, chief economist chez Coface. Car, pour lui, la zone euro est une "sorte de glu" où tout est collé ensemble. Le fait que la dette souveraine soit détenue par les banques est "une chance". La survie des uns dépend trop de la survie des autres. L’économiste a aussi fait l’étonnante comparaison avec l’Inde, qui a une dette élevée détenue par les banque. "Et cela fonctionne" . Laurence Boone, chief economist France chez Barclays ne croit pas non plus au scénario-catastrophe. D’après elle, le Fonds de stabilité financière (FSF) qui a été mis en place est suffisant pour faire face aux demandes des pays de la Périphérie. "En cas d’autres chocs, la question se poserait différemment", a-t-elle ajouté prudemment. Pour elle, trois solutions sont envisageables pour aider les pays insolvables : demander aux détenteurs de la dette souveraine de la garder jusqu’à échéance, rallonger les échéances ou imposer des pertes en capital. La troisième option devrait être choisie en dernier ressort car "on n’a pas de vision globale sur les impacts que cela générerait". François Heisbourg, conseiller à la "Foundation for Strategic Research", lui, ne croit pas qu’on échappera à une restructuration de la dette. Des pays comme la Grèce et l’Irlande ne pourront l’éviter compte tenu des taux d’intérêt astronomiques qu’ils paient alors qu’ils sont confrontés à la déflation.

Mais la crise de la dette souveraine devrait indirectement avoir un impact sur les banques en les acculant à accorder moins de crédits. "Beaucoup d’entreprises vont tomber en faillite à cause du manque de crédits", a expliqué Yves Zlotowski. Raison pour laquelle Coface a déclassé la Grèce et l’Irlande dans son rating de risque pays (risque du point de vue des entreprises) et a mis le Portugal et l’Espagne sous surveillance. En revanche, pas de changement à noter au niveau de la Belgique (A2, soit parmi les meilleurs). En revanche, les ratings de plusieurs pays émergents se sont améliorés, ce qui montre que l’écart de risque entre les pays avancés et les zones émergentes se rétrécit. Mais Yves Zlotowski n’en souligne pas moins les risques inhérents aux pays émergents "où l’on peut avoir des problèmes sur la manière dont les investissements seront financés".

Pour l’ensemble de l’année 2011, l’économiste de Coface s’attend à une croissance de 3,4 % en légère baisse par rapport à 2010. Ce tassement serait la conséquence de plusieurs élements : la réduction de la dette dans le secteur privé, la mise sur pied de politiques budgétaires restrictives en Europe (qui entraînera même la récession dans des pays comme l’Irlande), la possible hausse du prix des matières premières (avec un effet sur l’inflation) et un ralentissement prévu dans le commerce mondial.