Amende salée pour Siemens

La ministre des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD&V) a révélé que Siemens doit aujourd’hui à la SNCB le maximum des pénalités applicable dans le cadre du contrat de livraison de 120 locomotives Taurus Eurosprinter 3 (T18). Soit 21,12 millions d’euros.

Ph. Law.
Amende salée pour Siemens
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A quelque chose, malheur est bon. C’est ce que doivent se dire actuellement les dirigeants de la SNCB. Répondant récemment à une question orale du député Christophe Bastin (CDH), la ministre des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD&V) a révélé que Siemens doit aujourd’hui à la SNCB le maximum des pénalités applicable dans le cadre du contrat de livraison de 120 locomotives Taurus Eurosprinter 3 (T18). Soit 21,12 millions d’euros. "On aurait aimé réceptionner à temps les locomotives plutôt que de recevoir le montant des pénalités, mais le contrat est ainsi signé. Il doit donc être respecté", nous confie-t-on à la SNCB.

En effet, un premier contrat pour la livraison de 60 locomotives avait été signé fin 2006. Deux ans plus tard, en décembre 2008, la SNCB levait l’option pour 60 exemplaires supplémentaires. L’ensemble du marché est évalué à 440 millions d’euros. A ce jour, au moins une quarantaine de locomotives T18 aurait dû être en exploitation sur les voies belges. Siemens aurait donc accusé plus de deux ans de retard, ce qui a poussé la SNCB à lui infliger le montant maximal des amendes.

Il semble que le retard soit notamment dû à des problèmes d’homologation, laquelle est de la responsabilité du groupe allemand qui doit en faire la demande auprès du Service de sécurité et d’interopérabilité des chemins de fer (SSICF). C’est celui-ci qui délivre les autorisations de mise en service et de mise en exploitation (pour l’infrastructure et les véhicules) ainsi que les certificats de sécurité des entreprises ferroviaires. Mais selon des sources proches du dossier, si la livraison des locomotives T18 a pris du retard, c’est également parce que les véhicules ne correspondaient pas vraiment aux spécifications du cahier des charges. Aujourd’hui, quelques machines effectuent actuellement des circulations en test sur le réseau belge, et cela se passerait bien.

D’après la ministre Vervotte, le début des réceptions des locomotives est fixé à mai 2011. A en croire la ministre des Entreprises publiques, c’est pour des raisons de spécificités techniques et de performances que la SNCB n’a pas opté pour les locomotives TRAXX du concurrent Bombardier. "La locomotive TRAXX qui circule en Belgique est une locomotive dont la vitesse est maximum 160 km à l’heure au lieu de 200 km à l’heure. De plus, elle n’est pas autorisée à circuler sur la ligne à grande vitesse 2 (NdlLR : entre Louvain et Ans, soit 64 km)", a répondu Inge Vervotte. Par ailleurs, les locomotives Taurus ont l’avantage de pouvoir circuler tant sur les lignes conventionnelles (3 kV) que sur les lignes à grande vitesse (25 kV).

En attendant, la SNCB loue des locomotives TRAXX 28 et 29 auprès de la société Angel Trains. Le coût de la location s’élève à 31000 euros par mois et par locomotive. Difficile de savoir combien de locomotives TRAXX l’entreprise ferroviaire a pris en location auprès de Angel Trains, mais le montant des pénalités devrait lui permettre de s’y retrouver.

La SNCB est un client important de Siemens. L’entreprise ferroviaire avait signé en mai 2008 avec le constructeur allemand un gros contrat pour la livraison de 305 automotrices Desiro ML pour un montant de 1,425 milliard d’euros. Le Desiro ML offre, d’après Siemens, 280 places assises et peut atteindre une vitesse maximale de 160 km/h. Une partie de la commande sera affectée au projet du RER. Les premiers trains devraient être livrés dès cette année 2011.


La SNCB loue des locomotives auprès d'Alpha Trains Une erreur de dénomination et d'aiguillage dans la réponse de la ministre Inge Vervotte (CD&V, Entreprises publiques) nous a fait écrire que la SNCB louait des locomotives TRAXX 28 et 29 auprès d'Angel Trains. En effet, les services qui ont préparé à la ministre des Entreprises publiques à la qestion orale du député Christophe Bastin sur l'amende salée que doit Siemens à la SNCB en raison du retard dans la livraison des 120 locomotives T18 se sont trompés de nom. En effet, l'opérateur ferroviaire belge ne loue pas des locomotives auprès de la société Angel Trains mais à la société Alpha Trains. Angel Trains, après avoir été vendue par RBS en août 2008, fut scindée en deux compagnies différentes, Angel Trains (UK), centrée sur le marché anglais et Angel Trains International, la branche internationale qui déploie ses activités essentiellement en Europe. A la suite de cette séparation, la société Angel Trains International changea de nom en janvier 2010 et opère dorénavant sous le nom d’Alpha Trains. Et c'est auprès de celle-ci que la SNCB loue des locomotives pour assurer le traction de ses trains en attendant l'arrivée des locomotives Siemens. Le coût de la location s’élève à 31000 euros par mois et par locomotive. Pour rappel, suite au retard de près de deux ans accumulé par Siemens dans la livraison des locomotives (un contrat de 440 millions d'euros), le constructeur allemand se voit aujourd'hui appliquer le maximum des pénalités applicables dans le du contrat, soit une ardoise de 21,12 millions d'euros.