"La France absorbe les Wallons"

Intégration. "On assiste depuis quelques années à une intégration du capitalisme belge, wallon en fait, au sein du capitalisme français, analyse Francois-Xavier Dudouet, chercheur CNRS à l’université de Paris Dauphine. Un capitalisme commun émerge. On le voit dans le poids des administrateurs belges dans les conseils d’administration des sociétés du CAC 40. Et quand je dis "administrateurs belges", je parle surtout des administrateurs wallons."

Intégration. "On assiste depuis quelques années à une intégration du capitalisme belge, wallon en fait, au sein du capitalisme français, analyse Francois-Xavier Dudouet, chercheur CNRS à l’université de Paris Dauphine. Un capitalisme commun émerge. On le voit dans le poids des administrateurs belges dans les conseils d’administration des sociétés du CAC 40. Et quand je dis "administrateurs belges", je parle surtout des administrateurs wallons."

En effet, selon une étude de cet universitaire, en nombre, les Belges arrivent derrière les Américains et sont à égalité avec les Allemands, mais devant les Britanniques (données pour 2007). Au total, les Belges représentent un peu plus de 12 % des administrateurs étrangers. "La galaxie d’Albert Frère y est pour beaucoup. A elle seule, elle représente 20 à 25 % des relations avec la France. Il est aussi frappant de voir que les relations d’affaires des entreprises du Bel20 entre elles sont moins fortes qu’avec celles du CAC 40 en termes d’échange d’administrateurs. C’est atypique, car normalement, les sociétés d’un même indice boursier entretiennent plus de liens avec les autres entreprises qui le constituent." Pour François-Xavier Dudouet, le capitalisme belge s’est déjà scindé. "La Wallonie a déjà rejoint la France d’un point de vue économique. Je pense, par exemple, à la sidérurgie qui est intégrée dans Arcelor, puis dans ArcelorMittal. A mon sens, il reste seulement un dernier pas politique à franchir pour que la Wallonie rejoigne complètement la France. Dans les réseaux des conseils d’administration, les entreprises wallonnes n’ont pas tellement de liens avec les entreprises flamandes. Alors que c’est bien le cas avec le France. Cette intégration est voulue. Personne n’a forcé la main aux Belges !" (F.C.)