Le gouvernement a reçu le message

Le Premier ministre, Yves Leterme, a profité de la présentation du rapport de l’OCDE pour annoncer, aux citoyens et aux marchés, une bonne nouvelle.

V.d.W.
Le gouvernement a reçu le message
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Le Premier ministre, Yves Leterme, a profité de la présentation du rapport de l’OCDE pour annoncer, aux citoyens et aux marchés, une bonne nouvelle. Selon toute vraisemblance et pour autant que ces prévisions soient confirmées par le Comité de monitoring - qui suit de près l’évolution des chiffres du budget -, la Belgique devrait présenter, à la fin de cette année, un déficit global de l’ordre de 3,3 % du Produit intérieur brut. Il faut rappeler que, dans les toutes premières prévisions, il était fait état d’un déficit de 4,1 %, ramené ensuite, dans la feuille de route transmise aux autorités européennes, à 3,6 %. Compte tenu des dernières évolutions positives (principalement en soins de santé et grâce aux meilleurs résultats enregistrés en raison d’une assez bonne conjoncture), le déficit de la Belgique pourra donc être ramené à 3,3 %. Ce qui place la Belgique dans le peloton de tête. Cocorico ? Pas vraiment, car notre pays traîne toujours une dette énorme, équivalente à quelque 97 % du PIB.

L’OCDE plaide pour une poursuite et une accentuation de l’effort. Les autorités belges estiment qu’elles n’ont pas attendu les conclusions de l’OCDE pour s’y atteler : les derniers gouvernements se sont appliqués à respecter cette rigueur budgétaire même en temps de crise. Reste que l’OCDE insiste lourdement sur le fait que la Belgique doit dégager d’urgence les moyens de préfinancer les dépenses liées au vieillissement. Sur ce point, malgré une évolution démographique un peu plus favorable, grâce au solde migratoire et au taux de fécondité, tout reste à faire.

Pour le reste, les autorités belges ne sont pas très surprises par les diverses recommandations des experts de l’OCDE. Qu’ils insistent à nouveau pour que la Belgique abandonne son système d’indexation des salaires n’est pas très neuf : de tout temps, l’OCDE a pointé du doigt ce système qu’elle juge dispendieux et périlleux pour la compétitivité des entreprises. D’ailleurs, le Premier ministre, Yves Leterme, qui assistait à la présentation du rapport, a rappelé qu’une étude était actuellement en cours pour analyser ces mécanismes d’indexation. Sont pointés du doigt, en particulier, les prix des produits énergétiques, régulièrement plus élevés en Belgique que dans les autres pays européens. Raison pour laquelle l’OCDE propose d’exclure les postes énergétiques de l’index afin d’éliminer les effets des chocs les plus courants.

Il est un autre point qui est particulièrement relevé par plusieurs membres du gouvernement : le rapport insiste pour que l’effort budgétaire soit porté par tous les niveaux de pouvoir. A lire le rapport de l’OCDE, on observe, en effet, que le pouvoir fédéral est en quelque sorte à la corde et ne pourra plus réduire davantage encore ses dépenses. Le fédéralisme budgétaire qui conduit systématiquement à un appauvrissement du pouvoir fédéral a sans doute vécu. Un partage des charges imposées par l’assainissement des finances publiques sera inévitable à l’avenir. Toute révision de la loi de financement devra tenir compte de cet impératif.