Un sommet de la zone euro "au moment opportun"

Le sommet envisagé des dirigeants des pays de la zone euro pour stopper la contagion de la crise de la dette aura lieu seulement "au moment opportun", a indiqué jeudi la Commission européenne, après le report de cette réunion un temps envisagée pour vendredi.

Un sommet de la zone euro "au moment opportun"
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Le sommet envisagé des dirigeants des pays de la zone euro pour stopper la contagion de la crise de la dette aura lieu seulement "au moment opportun", a indiqué jeudi la Commission européenne, après le report de cette réunion un temps envisagée pour vendredi.

"De tels types de réunions font partie des discussions" en cours entre responsables européens, a déclaré la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde devant la presse.

"Elles se tiendront lorsque le moment sera opportun", a-t-elle ajouté, confirmant implicitement que les négociations pour parvenir à un accord entre capitales n'étaient pas encore suffisamment avancées.

"Pour le moment, un travail intensif continue à être mené" à ce sujet, a-t-elle dit.

Les ministres des Finances de la zone euro ont chargé leurs directeurs du Trésor, réunis au sein du Comité économique et financier européen, de tenter de parvenir à une solution sur le problème à l'origine de la poussée de fièvre récente en zone euro: la mise en place d'un deuxième plan de prêts en faveur de la Grèce pour la mettre à l'abri d'une faillite jusqu'à au moins mi-2014.

Elle bute encore sur la participation des créanciers privés du pays, banques et fonds d'investissement, qui suscite des divisions notamment entre Berlin et Paris. L'Allemagne en fait jusqu'ici une condition. De nombreux autres pays redoutent une aggravation de la contagion de la crise de la dette.

Mardi, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, avait envisagé de convoquer pour vendredi 15 juillet un sommet extraordinaire de la zone euro afin de forcer une décision face à la nervosité des marchés. Mais il s'est vu opposer une fin de non-recevoir de l'Allemagne en particulier, qui juge qu'il est trop tôt. La réunion a du coup été reportée.

"Le plus probable est que la réunion se tienne seulement en début de semaine prochaine", le temps de surmonter les divergences, a indiqué à l'AFP une source diplomatique. Lundi est une possibilité à l'étude mais tout dépendra de l'avancée des discussions, selon elle.

L'idée d'un sommet des seuls pays de l'Union monétaire suscite par ailleurs quelques frictions avec les Etats de l'Union européenne qui n'en font pas partie mais s'estiment directement concernés par les répercussions de la crise de la dette. Plusieurs d'entre eux insistent donc pour être conviés au conclave s'il se confirme, selon un diplomate.

A l'automne 2008, la France, qui présidait alors l'Union européenne, avait convoqué un sommet extraordinaire de la zone euro à Paris en pleine crise financière mondiale, à la suite de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, et invité exceptionnellement alors la Grande-Bretagne.

Si tel devait être aussi le cas cette fois, la Pologne, au titre de sa présidence semestrielle tournante de l'UE, insistera aussi pour en être.

Varsovie a déjà frappé à la porte du forum des ministres des Finances de l'Union monétaire, l'Eurogroupe, avant de renoncer face aux protestations de plusieurs pays membres de la zone euro, la France en particulier.

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