Des milliers de manifestants européens disent non à l'austérité

Les rues de Wroclaw, dans le sud-ouest de la Pologne, ont été envahies samedi par des milliers de manifestants, venus protester contre les cures d'austérité imposées en Europe pour répondre à la crise de la dette.

Des milliers de manifestants européens disent non à l'austérité
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Les rues de Wroclaw, dans le sud-ouest de la Pologne, ont été envahies samedi par des milliers de manifestants, venus protester contre les cures d'austérité imposées en Europe pour répondre à la crise de la dette.

Sous un soleil radieux, le cortège a commencé à se former au moment où venait juste de s'achever une réunion des ministres européens des Finances, venus s'entretenir en Pologne du plan de sauvetage de la Grèce et des moyens de stabiliser leurs finances.

La Confédération européenne des syndicats (CES), organisatrice de la manifestation, attendait plus de 30.000 participants. La police a indiqué à l'AFP en avoir dénombré 20.000 et n'a pas noté d'incident majeur.

Les Polonais étaient majoritaires parmi les participants, en manches courtes et portant des chapeaux de soleil, mais ils étaient rejoints par des manifestants venus de pays voisins: Allemands, Hongrois ou Lituaniens.

La manifestation, au son assourdissant des sirènes, trompettes et autres cornes de brume, devait rejoindre dans l'après-midi la Halle du Centenaire, où s'est déroulée pendant deux jours la réunion des grands argentiers européens.

Un autobus rouge londonien à étage, transportant des membres de la fédération syndicale polonaise OPZZ, était recouvert de pancartes proclamant: "les droits des travailleurs sont des droits de l'homme" ou encore "nous soutenons le droit à des emplois et des salaires décents".

"Il y a trop peu d'emplois, les salaires sont trop bas, la protection sociale est réduite. C'est un problème dans toute l'Europe et nos responsables politiques doivent faire quelque chose", a déclaré Sebastian Ostaszewski, un manifestant de 19 ans, du syndicat polonais Solidarité.

"Le message qu'on veut faire passer est que les coupes dans les salaires et l'austérité imposée un peu partout et en particulier dans les pays les plus durement touchés (par la crise de la dette) n'engendrent pas la croissance et ne vont pas permettre de réduire la dette", a déclaré à l'AFP Bernadette Segol, secrétaire générale de la CES.

La réunion des ministres des Finances a été écourtée d'une heure samedi, officiellement pour leur permettre de s'éclipser avant l'arrivée des contestataires près du lieu de la réunion.

"Il est clair que leur influence, leur impact et les décisions qu'ils devraient prendre ont une très grande importance pour les travailleurs", a affirmé Mme Segol, qui a plaidé en faveur des euro-obligations, la mise en oeuvre d'une taxe sur les transactions financières, "la fin des paradis fiscaux, la fin de l'évasion fiscale et une taxation juste".

Une mutualisation de la dette via des euro-obligations et une taxe sur les transactions financières, objets de débats entre pays européens, faisaient partie des sujets évoqués par les ministres.

"Nous sommes ici pour promouvoir une Europe plus sociale", a déclaré dans le cortège Detlef Kraebs, 50 ans, employé dans la métallurgie en Allemagne et membre du syndicat IG Metall. "Nous ne devons pas laisser les financiers tout diriger".

Il a jugé "formidable" que son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, soutienne l'idée d'une taxe sur les transactions financières, mais reproche au gouvernement allemand de s'être attaqué aux acquis sociaux, notamment en décidant de faire passer l'âge de la retraite à 67 ans, une initiative "complètement insensée", selon lui.

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