Un train pour relier Anvers à la Chine

C’est un fameux voyage. Près de 11 000 km à travers l’Allemagne, la Pologne, l’Ukraine, la Russie ou encore la Mongolie. Projet-pilote lancé cet été, la liaison ferroviaire Anvers-Chongqing, dans le centre de la Chine, va officiellement être inaugurée mardi.

Un train pour relier Anvers à la Chine
©LLB
Raphaël Meulders

C’est un fameux voyage. Près de 11 000 km à travers l’Allemagne, la Pologne, l’Ukraine, la Russie ou encore la Mongolie. Projet-pilote lancé cet été, la liaison ferroviaire Anvers-Chongqing, dans le centre de la Chine, va officiellement être inaugurée mardi par le prince Philippe, en mission économique dans le pays. Cette liaison "directe" et "unique au monde" est en fait le prolongement de liaisons ferroviaires déjà existantes vers l’Europe de l’Est et une partie de l’Asie.

Trois sociétés de chemins de fer ont collaboré à cette gigantesque entreprise. Pour la Belgique, il ne s’agit pas de la SNCB, mais bien de la société suisse Hupac. " Une seule locomotive ne peut pas faire l’entièreté du voyage, car la largeur des rails est différente dans plusieurs pays traversés", explique-t-on au Port d’Anvers. Les marchandises sont donc déchargées et rechargés à plusieurs reprises durant ce "trip" à travers les steppes.. "La demande est venue de la Chine, poursuit un représentant du port . Les entrepreneurs chinois voulaient un moyen de transport plus rapide et aussi plus sûr pour certaines matières à haute valeur ajoutée, notamment des matières chimiques. Mais c’est aussi une très bonne opération pour les entrepreneurs européens." Autre objectif des Chinois : atteindre, via le port d’Anvers, plus rapidement l’Afrique de l’Ouest, où ils ont également de nombreux intérêts.

En terme de vitesse, il n’y a pas photo. Le voyage via cette "green lane" (ligne verte) dure entre 20 et 25 jours, là où le bateau en met plus de 40 pour rejoindre les côtes chinoises. " Mais il faut encore compter plusieurs jours pour atteindre le centre de la Chine". Car l’objectif du Port est bien de cibler la ville de Chongqing - à 1 450 km de Pékin et presqu’autant de Shangai - qui est devenue l’un des nouveaux moteurs industriels du pays.

Recréée dans les années 1990 par la volonté des dirigeants chinois d’en faire un pôle économique majeur de la Chine intérieure, la Ville a connu une croissance démographique très rapide. D’aucuns la surnomment d’ailleurs la nouvelle "plus grande ville du monde" (la zone urbaine compte 8 millions d’habitants, mais l’ensemble de la municipalité plus de 30 millions). "Le coût pour amener des marchandises via cette ‘green lane’ est pour l’heure plus important que celui pratiqué par bateau, mais les avantages en temps et en sécurité sont considérables." D’autant que les différentes douanes sont en train de travailler ensemble pour diminuer les "tracasseries administratives". "On est sur la bonne voie, confirme un représentant du port. D’ici peu, on espère gagner 2 à 3 jours sur le trajet." Go East.