Édito: Tournant

Pression maximum, échec interdit. Voilà en quatre mots ce que devraient se dire ce mercredi soir les 17 chefs d’Etat et de gouvernement au moment d’entamer un sommet bis censé stabiliser une zone euro qui prend l’eau de toutes parts.

Édito: Tournant
©AFP Internet

Pression maximum, échec interdit. Voilà en quatre mots ce que devraient se dire ce mercredi soir les 17 chefs d’Etat et de gouvernement au moment d’entamer un sommet bis censé stabiliser une zone euro qui prend l’eau de toutes parts. Crise de la dette grecque, risque de contagion, doutes sur la santé des banques : depuis plusieurs mois, les marchés financiers exploitent les failles d’un projet européen qui manque cruellement de leadership, de vision, de cohérence. En un mot : d’ambition. Une Europe brouillonne et divisée dont les réponses à la crise sont systématiquement insuffisantes et tardives, quand elles ne sont pas les deux à la fois. Service minimum donc mais dégâts maximum sur l’image d’une zone euro incapable de reprendre le bon cap dans une tempête financière qui nécessite pourtant des actes forts qui transcendent les égoïsmes nationaux, les calculs électoraux ou la recherche d’intérêts particuliers. L’annonce vendredi dernier de l’organisation en deux temps du sommet annonçait déjà un air mauvais. Le mandat "limité" reçu par Angela Merkel de son Bundestag - bien pratique pour ne pas s’exposer trop politiquement - et les querelles larvées du couple franco-allemand n’incitent guère plus à l’optimisme. Mais il va bien falloir pourtant accoucher ce soir de solutions courageuses, durables et solidaires. Et retrouver la voie de la confiance réciproque. L’Europe est à un tournant historique. Son destin est entre les mains de 17 chefs d’Etat et de gouvernement. Seront-ils à la hauteur du rendez-vous ?