L’Union tangue au bord du gouffre

On savait que le deuxième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne serait tendu ce mercredi soir. Les dissensions restent profondes entre les Vingt-sept, sur la forme comme sur les montants du paquet global à adopter pour endiguer la crise de la dette.

L’Union tangue au bord du gouffre
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Stéphanie Grofils

On savait que le deuxième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne serait tendu ce mercredi soir. Les dissensions restent profondes entre les Vingt-sept, sur la forme comme sur les montants du paquet global à adopter pour endiguer la crise de la dette. Et trois des principaux dirigeants (Angela Merkel, Silvio Berlusconi et David Cameron), restent soumis à de fortes pressions à l’échelle nationale.

Et les mauvaises nouvelles s’amoncellent encore à la veille de ce sommet "de la dernière chance". La réunion des ministres européens des Finances (Ecofin) a été annulée par la présidence polonaise de l’Union. L’Ecofin devait se réunir avant les sommets des Vingt-sept et des Dix-sept, mercredi, afin de finaliser les travaux sur le secteur bancaire. Mais, les négociations étant toujours en cours sur la recapitalisation des banques, les ministres des Finances de l’Union n’ont pas tous les éléments du paquet en main. Les grands argentiers pourront se réunir après le sommet pour "finaliser les décisions qui seront prises (sur le paquet global)", a indiqué un porte-parole du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, fraîchement désigné président des sommets de la zone euro. Cette annulation signifie surtout l’absence d’accords réels, et la nécessité de décharger les ministres des Vingt-sept de décisions qui ne peuvent être tranchées que par les chefs d’Etat et de gouvernement.

Quoique. La chancelière allemande Angela Merkel - qui mène la barque des décisions en duo avec Nicolas Sarkozy (lire ci-dessous) - est tenue de faire rapport au Bundestag (Parlement fédéral) sur l’avancée des travaux avant de pouvoir s’engager. Mardi, les quatre principaux partis politiques allemands (CDU/CSU, FDP, SPD et verts) se sont accordés sur un mandat limité pour la chancelière qui ira ensuite négocier à Bruxelles le sauvetage de la zone euro. Angela Merkel devra trouver une solution pour que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) agisse comme assureur de la dette nouvellement émise par les Etats en difficulté, préservant l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE). La chancelière s’est alors permis d’ajouter une couche de tensions supplémentaires, déclarant mardi qu’elle refusait que les Etats européens imposent une ligne d’action à la BCE. "Nous négocions pour que la BCE dise ce qu’elle veut faire" pour aider les pays de la zone euro en crise, a déclaré la chancelière, "Il ne faut pas laisser surgir la fausse impression que les politiques attendent quelque chose de la BCE."

Le Premier ministre britannique David Cameron, lui, accuse encore le coup de la rébellion sans précédent de députés conservateurs, lundi à la Chambre des communes. Où 79 des 305 députés tories, la frange la plus eurosceptique du parti conservateur de David Cameron, ont voté en faveur de la tenue d’un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union.

Et dans ce ciel orageux qui plane sur le sommet européen, c’est finalement l’Italie qui rapporte une éclaircie à Bruxelles. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi est parvenu mardi soir, non sans mal, à un accord avec son allié, la Ligue du Nord, sur un début de réforme des retraites. Comme l’exigeaient dimanche ses partenaires européens.

De quoi désamorcer les tensions, pour retrouver le chemin d’un accord global ?


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