Les anciens administrateurs de Fortis épinglés

Les experts, Messieurs Cats, Debodt et Smets, ont communiqué vendredi leur rapport définitif dans le cadre de l'expertise ordonnée en référé par la présidente du tribunal de commerce de Bruxelles à la demande de Deminor et de plusieurs actionnaires de Fortis.

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© Jean-Luc Flémal
BELGA

Les experts, Messieurs Cats, Debodt et Smets, ont communiqué vendredi leur rapport définitif dans le cadre de l'expertise ordonnée en référé par la présidente du tribunal de commerce de Bruxelles à la demande de Deminor et de plusieurs actionnaires de Fortis. La communication de ce rapport intervient précisément trois ans après la décision de la présidente du tribunal, indique samedi Deminor, le cabinet de défense des intérêts des actionnaires minoritaires, dans un communiqué.

Dans ses grandes lignes, le rapport n'épargne pas les anciens administrateurs de Fortis. Les trois experts ont estimé qu'il était "anormal" que le conseil d'administration ne se soit pas réuni entre le 1er août et le 26 septembre 2008, soit au plus fort de la crise financière.

Les experts ont également estimé qu'il y avait un "manque de conscience" de la part des administrateurs de Fortis quant à la gravité de la situation, peut-on lire sur le site internet de l'Echo.

En outre, les experts sont arrivés à la conclusion que personne n'avait tenu compte des mesures d'assainissement appliquées à Fortis Banque avant sa revente à BNP Paribas.

Par ailleurs, les auteurs du rapport ont estimé que le plan de financement imaginé pour reprendre ABN Amro n'allait pas au-delà d'un an. Les risques par rapport à cette reprise n'auraient pas suffisamment été pris en compte par Fortis.

Et lorsque les responsables de Fortis répondent avoir été pris par surprise par la crise des subprimes, les experts notent que cette crise avait commencé au début de l'année 2007 et était déjà connue de tous.

Alors que le rapport des experts fait état d'une dégradation des liquidités de Fortis à partir du mois de mai 2008, ils s'étonnent du fait que les administrateurs et les responsables de Fortis n'aient prévu l'adossement à une autre banque qu'à partir du 19 septembre 2008.

La banque Degroof, appelée en renfort pour faire une première valorisation de Fortis lors du premier week-end de sauvetage fin septembre 2008, n'est pas épargnée, a indiqué Charles Demoulin à l'Echo. Pour les experts, le rapport remis par Degroof était lacunaire et largement insuffisant pour justifier le montant de la transaction.