La nouvelle Wallonie selon la FGTB

Le bureau McKinsey a reçu du ministre-président Rudy Demotte (PS) et du ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt (PS), la délicate mission de redéfinir l’image du sud du pays.

La nouvelle Wallonie selon la FGTB
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Frédéric Chardon

Le bureau McKinsey a reçu du ministre-président Rudy Demotte (PS) et du ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt (PS), la délicate mission de redéfinir l’image du sud du pays. Le montant total des crédits débloqués par la Région : un peu moins de 400 000 euros pour l’étude elle-même et la mise en œuvre de ses conclusions par un autre prestataire qui n’a pas encore été désigné (définition d’un nouveau logo symbolisant la Wallonie, etc.). Cette étude n’a pas encore été soumise à l’exécutif wallon mais nous avons toutefois pu la consulter.

A quoi va ressembler la Wallonie de demain ? Après de nombreuses interviews auprès d’acteurs wallons et autres, mais aussi après une enquête en ligne auprès de près de 500 Wallons, la conclusion de McKinsey est la suivante : c’est "l’ouverture au monde" de la Wallonie qui est sa marque de fabrique la plus porteuse. Par "ouverture au monde", on ne parle pas que du commerce extérieur ou des investissements étrangers mais aussi, par exemple, de la multiculturalité, du multilinguisme, du sens de l’accueil, etc.

Intrigant : dans la liste des institutions interrogées, dans la catégorie définie comme reprenant les "ambassadeurs de la marque wallonne", on retrouve la FGTB à côté de l’institut Jules Destrée, de l’Awex (Agence wallonne à l’exportation), des administrations publiques wallonnes (SPW), de la RTBF (seul média consulté), de l’organisation Mons 2015, de l’UCL, de l’ULg Mais pas de trace du syndicat chrétien (CSC) ou du syndicat libéral, pourtant considérés comme représentatifs. Ils n’ont tout simplement pas été interviewés par McKinsey, contrairement au syndicat socialiste. De même, les patrons wallons (Union wallonne des entreprises) n’ont pas pu donner leur avis dans l’étude sur le branding wallon. Mais bien, bizarrement, la FEB (Fédération des entreprises de Belgique).

Certaines entreprises ont tout de même eu voix au chapitre : EVS, McKinsey lui-même, Colruyt, Jones Lang LaSalle, la Sonaca, DHL Mais le panel d’acteurs évoqué plus haut fait dire à certaines sources proches du dossier que le gouvernement wallon fait la part belle à la "galaxie PS" dans l’élaboration de la nouvelle image de marque wallonne

Mais bref. Revenons aux conclusions de McKinsey. Selon le consultant, jouer sur le côté "ouverture au monde" de la Wallonie a l’avantage de ne pas être utilisé par les régions voisines, également étudiées. En effet, note l’étude, le branding flamand repose sur l’avant-gardisme et le respect du patrimoine tandis que Bruxelles se présente comme un pôle culturel et joue son son rôle central en Europe. A l’étranger, Amsterdam met en avant son esprit d’entreprendre, sa capacité d’innovation. Lille, son rôle de hub logistique et de centre commercial. Paris joue sur la mode, la culture et le prestige. Par ailleurs, redéfinir le marketing de la Région wallonne autour de son esprit d’ouverture est plus facile à mettre en œuvre que les deux autres pistes également considérées par McKinsey. A savoir : le "savoir-faire technologique" et la "qualité de vie".

Attention, le nouveau branding wallon devra être précisé. De bonnes sources disent en effet que les décideurs politiques hésitent à intégrer ou pas Bruxelles et la Communauté française dans une image de marque commune. Cette question, très sensible par les temps actuels, resterait à trancher.