Prix de l'énergie: "Johan Vande Lanotte incite à la désobéissance civile"

Le VOKA a fustigé les propos du ministre invitant les entreprises à contester et à ne pas payer leurs factures de gaz. Test-Achats juge l'augmentation illégale mais conseille au consommateur de continuer à payer sa facture. De son côté, Lampiris ne se sent pas directement concerné.

Jonas Legge (avec Belga)
Prix de l'énergie: "Johan Vande Lanotte incite à la désobéissance civile"
©Reporters

L'appel du ministre de l'Economie Johan Vande Lanotte (sp.a), invitant les entreprises à contester et à ne pas payer leurs factures de gaz, est une initiative "rare" et "presque un appel à la désobéissance civile", a indiqué vendredi le réseau flamand d'entrepreneurs Voka. Le président de l'Unizo, Karel Van Eetvelt, a pour sa part indiqué que son organisation soutenait totalement l'appel de M. Vande Lanotte.

Le ministre fédéral de l'Economie a conseillé vendredi matin aux entreprises de contester et de ne pas payer leurs factures de gaz plus élevées depuis ce 1er avril chez Electrabel et Luminus, alors que le gouvernement avait décidé d'un gel des prix à compter de cette date. Ces fournisseurs ont malgré tout décidé d'augmenter leur prix pour le gaz, arguant du manque de clarté de la loi.

Les particuliers ne sentiront pas immédiatement les effets de cette hausse, ceux-ci payant un forfait mensuel avant un décompte de leur consommation en fin d'année. A l'inverse, les entreprises paient, elles, leur consommation réelle mois par mois.

"Si vous ne contestez pas l'augmentation et que vous payez la facture, vous risquez par la suite de ne pas récupérer votre argent, même si le gouvernement parvient à mettre un terme à cette hausse des prix", explique le président de l'Unizo, Karel Van Eetvelt. "Pour cette raison, nous soutenons entièrement l'appel du ministre", a-t-il ajouté.

Le Voka estime qu'il faut combattre l'augmentation des prix de l'énergie mais trouve "rare que le gouvernement donne un signal invitant à contester les factures; c'est quasiment un appel à la désobéissance civile, que nous ne pouvons donc pas soutenir", a expliqué Jochen Bessemans, le porte-parole du Voka.

Le réseau d'entrepreneurs pense que le ministre dispose d'autres moyens, notamment judiciaires et parlementaires, pour s'opposer à cette hausse des prix.

Test-Achats juge illégale l'augmentation du prix de l'énergie

L'augmentation des factures de gaz est "illégale", a déclaré vendredi Stéphane Dauchy, expert en énergie chez Test-Achats, contacté par Belga. "Nous reconnaissons que la loi n'est pas très claire et qu'elle est sujette à plusieurs interprétations, mais cette augmentation n'a pas de raison d'être", considère Test-Achats.

L'organisation estime que le gel des prix prenait cours à partir du 1er avril inclus. "Les augmentations calculées par Electrabel, Luminus et autres vont à l'encontre des décisions gouvernementales, et à l'encontre de l'esprit de la loi, qui ne voulait sûrement pas voir les prix augmenter avant la période de gel, occasionnant ainsi un gel sur des prix trop élevés", développe Test-Achats.

L'organisation conseille au consommateur de continuer à payer sa facture de gaz afin de ne pas se mettre en danger par rapport à son fournisseur. Cependant, il invite à payer sa facture en y mettant des réserves. "Cela ouvrira plus facilement le droit à un éventuel remboursement avec intérêts, si un juge devait déclarer l'augmentation illégale".

Le dossier est dorénavant entre les mains du SPF Economie. Test-Achats assure qu'elle suivra de près les effets de cette période de gel. A l'expiration de celle-ci, elle comparera à nouveau toutes les conditions tarifaires des contrats de chaque fournisseur.

Lampiris pas directement concerné

Contacté par LaLibre.be, Bruno Venanzi, administrateur délégué de Lampiris a admis "ne pas se sentir directement concerné par les propos de Johan Vande Lanotte puisque notre société n'a pas augmenté ses prix".

Contrairement à Electrabel et à d'autres fournisseurs, le groupe Lampiris vend depuis le 1er janvier 2009 du gaz qui n'est plus indexé sur le cours du pétrole mais sur celui du gaz.