"La FGTB n’est pas noyautée par le PTB"

L’UWE a mené une enquête auprès de ses membres qui lui permet de conclure que de 60 à 70% des grèves en Wallonie sont illégales. Nico Cué, le secrétaire général des métallos FGTB wallons, réagit à la sortie du patronat du sud du pays dans "La Libre" de ce week-end.

Frédéric Chardon
"La FGTB n’est pas noyautée par le PTB"

Nico Cué, le secrétaire général des métallos de la FGTB wallonne, réagit à la sortie du patronat du sud du pays dans "La Libre" de ce week-end. Pour rappel, l’Union wallonne des entreprises (UWE) a mené une enquête auprès de ses membres qui lui permet de conclure que de 60 à 70 % des grèves en Wallonie sont illégales. Vincent Reuter, administrateur délégué de l’UWE, dénonçait en outre le "noyautage" de la FGTB-Métal par le très marxiste PTB.

La FGTB-Métal wallonne est-elle “infiltrée” par le PTB ?

Il y a interdiction de cumul de mandats politique et syndical chez nous afin de garantir notre indépendance vis-à-vis de tous le partis : que ce soit le PS, le parti communiste, le PTB. Mais, bien sûr, parmi les membres du syndicat, il y a des militants PS, des militants PTB On y retrouve en quelque sorte la gauche plurielle. Une infiltration du PTB ? C’est vraiment beaucoup dire. Mais si nous sommes plus radicaux dans nos positions, c’est sans rapport avec une "infiltration" du PTB L’influence de ce parti sur nous est très, très faible. C’est vrai aussi pour le PS.

L’UWE affirme aussi que 70 % des grèves en Wallonie sont illégales. Vous confirmez ?

Non, pas du tout. Je ne sais pas d’où l’UWE sort ces chiffres, ni quelle définition est retenue pour déterminer si une grève est illégale ou pas. Ce n’est pas parce qu’à un moment donné, on ne respecte pas un point d’un règlement que la grève devient illégale ! Il y a d’ailleurs des sanctions vis-à-vis des délégués qui ne respectent les règles de la grève. L’UWE a fait sa sortie sans demander son avis à d’autres fédérations patronales, comme Agoria Wallonie. J’ai vu des réactions négatives des patrons sur Twitter.

Les grèves en Wallonie sont-elles plus dures, plus violentes qu’ailleurs ?

Une étude vient de montrer que sur dix ans, le nombre de jours de grève en Wallonie avait diminué de façon très importante. Dans le secteur du métal, on connaît encore des restructurations. Et donc la conflictualité au travail est plus importante. Mais c’est aussi le fait des patrons : avant les élections sociales, les patrons peuvent licencier pour moins cher des travailleurs qui sont normalement protégés. Et, chez Meister Benelux, on envoie un groupe fascisant composé de milices privées dans l’usine. C’est la première fois, depuis les années 30, que l’on utilise de telles méthodes. Ça a laissé des traces.

Mais, quand même, il y a eu plusieurs cas de séquestrations de directions locales, de blocages des produits…

J’invite Monsieur Reuter à voir le nombre de séquestrations en France par rapport à la Wallonie, il sera surpris. Ce procédé peut être utilisé, mais c’est pour mettre la pression sur la direction pour négocier jusqu’au bout. Il y a vingt ans, à la FN-Herstal, on pouvait négocier pendant quarante heures d’affilée. Mais, maintenant, si on dépasse d’une demi-heure le timing de la réunion, on parle de séquestration et c’est tout juste si on ne nous envoie pas le peloton antibanditisme Le blocage d’usine, du stock de produits, c’est un moyen d’action pour se faire entendre, sans stopper toute la production et faire une grève totale. On peut ralentir le rythme de la production également.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...