Brussels Airlines licencie et inquiète

Vent d’inquiétude et de dépit hier dans les environs de Zaventem. Le couperet est tombé pour une petite dizaine d’employés de Brussels Airlines.

Brussels Airlines licencie et inquiète
©Jean-Luc Flémal
Raphaël Meulders

Vent d’inquiétude et de dépit hier dans les environs de Zaventem. Le couperet est tombé pour une petite dizaine d’employés de Brussels Airlines. Sept d’entre eux ont été licenciés ce jeudi et plusieurs autres devaient, d’après les syndicats, recevoir leur C4 dans la journée de vendredi. En tout, entre neuf et onze employés (selon les sources) ont ainsi été remerciés. Et ce, "sans concertation avec les organisations syndicales" (ce que la direction dément). Pour la plupart, ils appartenaient au département "Finances" de la compagnie belge.

Inquiétant, selon les syndicats qui craignent que ces licenciements se propagent à tous les services. "Derrière, il y a peut-être un plan de licenciement beaucoup plus large, un plan qui nous dépasse et que la direction n’évoque pas", explique Thierry Vuchelen, secrétaire permanent du syndicat libéral. Ces licenciements collectifs, "pour raisons économiques" intriguent d’autant plus les leaders syndicaux qu’ils font suite à une série de mises à l’écart de cadres et employés du siège, il y a un peu plus d’un mois. "Nous savons que la compagnie doit limiter des coûts et ces licenciements, services après services, sont préoccupants. Où vont-ils s’arrêter ?".

Les leaders syndicaux ont l’intention de rencontrer la direction pour "qu’elle clarifie ses intentions". D’après plusieurs autres sources, les pilotes et le personnel naviguant de Brussels Airlines pourraient d’ailleurs être les prochains sur la sellette. La direction et les syndicats sont ainsi en train de négocier un plan jugé " indigeste" par le personnel naviguant. L’objectif est de rendre les pilotes "plus flexibles" dans les années à venir. " En fait, on leur demande de travailler plus pour être payé moins", peste Thierry Vuchelen. Les discussions sont donc particulièrement compliquées et les deux parties se retrouveront autour de la table au début de la semaine prochaine. " Pour l’heure, on donne toutes les chances à la réussite de ces négociations , poursuit le leader syndical. Mais rien n’est acquis. On doit analyser si la nouvelle charge de travail proposée sera humainement possible à tenir. D’un autre côté, si nous n’arrivons pas à un accord, il n’est pas exclu que la direction décide de licencier" .

Du côté de la direction, on relativise. "Chaque licenciement est toujours tragique. Mais ils font hélas partie de la vie de toute entreprise", explique une porte-parole. "Il n’est pas du tout question de plan social : on parle ici de neuf licenciements sur une compagnie qui compte 3 500 employés", poursuit Bernard Gustin, le CEO de Brussels Airlines. D’après la direction, les syndicats ont été informés de ces mises à l’écart. "Nous devons réduire nos frais de fonctionnement de 15 %. Il faut donc optimaliser notre manière de fonctionner et augmenter notre productivité. Parfois, cela passe par des licenciements", explique M. Gustin.

Brussels Airlines doit impérativement relever la barre. En rouge en 2011, la compagnie espère limiter les pertes en 2012 pour être à l’équilibre l’année suivante et engranger des bénéfices en 2014. Autre inquiétude des syndicats : d’après certains d’entre eux, la compagnie serait en manque de "cash". " Il ne faudra pas s’étonner si la compagnie lance des tickets à bas prix pour faire entrer de l’argent frais le plus rapidement possible" , explique une source syndicale. Là aussi M. Gustin tient à rassurer. "Nous avons plus de 160 millions d’euros en cash, ce qui nous permet de voir venir pour une période de 12 à 18 mois" .