Doel 3 : pas de panique !

Le comité ministériel restreint ("kern") s’était, semble-t-il, donné le mot : il fallait rassurer la population sur les risques d’une éventuelle fermeture des réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2.

AvC
Doel 3 : pas de panique !
©Photonews

Le comité ministériel restreint ("kern") s’était, semble-t-il, donné le mot : il fallait rassurer la population sur les risques d’une éventuelle fermeture des réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2. C’est ce qu’a fait le secrétaire à l’Energie Melchior Wathelet (CDH) lundi en début d’après-midi à l’arrivée au 16 rue de la Loi. "L’approvisionnement en électricité ne sera pas menacé durant le prochain hiver" , a-t-il affirmé devant de nombreuses caméras. Histoire de calmer le jeu sur les craintes apparues après que l’Agence Fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) eut révélé, début août, de nombreux défauts à la cuve de Doel 3, qui pourraient obliger la fermeture prolongée et définitive du réacteur ainsi que Tihange 2 (qui a le même type de cuve).

Le secrétaire d’Etat s’est même montré catégorique : si un certain nombre de conditions sont remplies, il n’y aura aucun problème d’approvisionnement, même en cas d’hiver particulièrement froid. Ces conditions, sur lesquelles se penche le comité restreint, sont l’obligation faites aux producteurs d’énergie de laisser tourner un certain nombre de centrales non-nucléaires, "de meilleurs contrats" et "une meilleure importation". Le communiqué publié à l’issue du "kern" parle aussi d’incitants à l’investissement et en dernier ressort d’une gestion de la demande électrique (probablement par des coupures de courant de courte durée). "Selon les experts, même dans le cas où Doel 3 et Tihange 2 resteraient à l’arrêt, il n’y a pas de risque de black out ni pour l’hiver prochain, ni pour l’hiver suivant", souligne encore le "kern".

Avant la réunion qui aura duré plus longtemps que prévu, le vice-Premier Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a, lui, laissé entendre que le gouvernement pourrait revoir le plan de sortie du nucléaire, qui prévoit la fermeture de Doel 1 et 2 en 2015. Une piste qui n’a toutefois été confirmée ni par le Premier ministre Elio Di Rupo ni par Melchior Wathelet lors de la conférence de presse. Lesquels continuent à s’en tenir au plan annoncé début juillet.

Tout sera donc fait pour éviter des coupures d’électricité. Des coupures qu’appréhendent particulièrement Febeliec (fédération des utilisateurs industriels de gaz et d’électricité). "S’il y a une chose qui est pire que de l’énergie chère, c’est de ne pas avoir d’énergie du tout, un manque de sécurité d’approvisionnement aurait des conséquences dramatiques pour préserver les activités industrielles actuelles et pour attirer des investissements industriels", souligne-t-elle dans un communiqué publié lundi matin. Histoire de mettre la pression sur le gouvernement et de profiter de l’occasion pour évoquer des mesures à prendre et en écarter d’autres.

Sur la sécurité, le message se voulait tout aussi rassurant, plusieurs ministres rappelant qu’elle primait sur tout le reste. Le vice-Premier sp.a Johan Vande Lanotte a exprimé le souhait avant la réunion que les rapports de l’AFCN soient confirmés par des experts étrangers. Une demande visiblement entendue. "Il va sans dire que les 2 centrales (NdlR Doel 3 et Tihange 2) ne redémarreront pas sans que le gouvernement ait reçu toutes les garanties par l’AFCN et le panel d’experts internationaux que les indications de défaut ne présentent aucun risque pour les citoyens, les travailleurs et l’environnement", souligne le communiqué.

La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, a expliqué, lors de la conférence de presse, que les conclusions des inspections en cours pourraient tomber fin novembre ou début décembre. Pour le comité ministériel restreint, il est "dès lors prématuré, à ce stade, de tirer quelle conclusion que ce soit sur les centrales de Doel 3 et Tihange 2", précise le communiqué.

Willy De Roovere, le directeur de l’AFCN, avait été convié à la réunion alors qu’il a fait l’objet de critiques, certains membres du gouvernement fédéral ayant estimé qu’il avait mal et trop vite communiqué à propos des fissures apparues à la cuve de Doel 3. Des critiques qui ont toutefois été balayées hier par Vincent Van Quickenborne, qui a estimé le sujet trop sérieux pour en faire une question de personne.