Solvay dans la cour des grands

Neuf mois auront donc suffi à Solvay pour intégrer le Cac 40, l’indice phare de la Bourse de Paris. C’est en effet le lundi 24 septembre que le groupe belge entrera dans le saint des saints d’Euronext Paris, en lieu et place du groupe PSA.

P. D.-D.
Solvay dans la cour des grands
©Belga

Neuf mois auront donc suffi à Solvay pour intégrer le Cac 40, l’indice phare de la Bourse de Paris.

C’est en effet le lundi 24 septembre que le groupe belge entrera dans le saint des saints d’Euronext Paris, en lieu et place du groupe PSA. Et le 24 septembre, il y aura en fait neuf mois jour pour jour que l’action Solvay est cotée à la Bourse de Paris.

En soi, cette promotion n’est pas une surprise. Christian Jourquin, alors CEO du groupe, et Jean-Pierre Clamadieu, qui lui a depuis lors succédé, avaient en effet annoncé la couleur en janvier dernier lors de la cérémonie organisée dans les bâtiments parisiens d’Euronext : cette cotation sur le marché de Paris était une première étape vers une intégration, à terme, du Cac 40.

Le groupe belge, il est vrai, avait quelques solides atouts en mains : une capitalisation importante, une grande liquidité de l’action et un profil qui faisait défaut au Cac 40, orphelin d’un véritable groupe de chimie.

"Le faible poids du secteur de la chimie dans le Cac 40 était une anomalie, qui va ainsi être en partie corrigée", a d’ailleurs commenté auprès de l’AFP Christian Jimenez, président de Diamant bleu gestion.

Si Solvay est peut-être arrivé un peu plus vite que prévu à ses fins, c’est grâce en partie aux grosses difficultés de l’action PSA (Peugeot), qui n’a cessée de piquer du nez depuis le début de l’année : le cours s’est effondré de 40 % alors que celui de Solvay augmentait dans le même temps de plus de 40 %.

Il est vrai que le groupe PSA est empêtré dans un vaste programme de restructuration alors que le groupe Solvay affiche actuellement une belle santé. Voilà donc PSA éjecté du Cac 40, dont il faisait partie depuis sa création en 1987.

Cette arrivée en fanfare sur la place parisienne est aussi la suite logique du rapprochement entre Solvay et le groupe français Rhodia, qui permet à la nouvelle entité d’avoir un solide ancrage dans l’hexagone.

Solvay, grâce à cette acquisition, est d’ailleurs devenu le premier chimiste en France. Solvay France, c’est en effet 16 sites de production, cinq centres de recherche et quelque 7 000 employés, sur un total de 31 000 personnes. Le groupe belge n’était pas pour autant en terre inconnue puisque sa présence outre-Quiévrain remonte à 1862, avec la création, en Lorraine, de sa première filiale à l’étranger.

Cette présence au sein du Cac 40 va donc donner un surcroît de visibilité au groupe Solvay, l’indice vedette d’Euronext Paris ayant un peu plus d’épaisseur que le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles.

De quoi, dès lors, asseoir un peu plus la notoriété d’un groupe qui aspire à jouer les premiers rôles dans le secteur chimique. C’était, en quelque sorte, l’effet de levier recherché.