Van Rompuy savoure...

Le président du Conseil européen a affirmé qu'il voulait d'abord savourer le prix Nobel de la Paix décerné à l'UE avant que les Européens ne décident qui irait le chercher... Il a en outre détaillé son projet de budget de la zone euro.

Van Rompuy savoure...
AFP

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a présenté vendredi un nouveau rapport sur l'approfondissement de l'Union économique et monétaire appelé à être discuté au sommet européen des 18 et 19 octobre, dans lequel il précise sa proposition de budget de la zone euro. Dans cette nouvelle version de la feuille de route qui a été confiée à M. Van Rompuy en juin et qui doit encore être peaufinée d'ici décembre, le président de l'UE explicite sa proposition de budget central de la zone euro.

"Une de ses fonctions pourrait être de faciliter les ajustements aux chocs affectant seulement certains pays en permettant qu'ils soient absorbés dans une certaine mesure au niveau central", écrit-il. Autre objectif de ce budget spécial ou "capacité budgétaire": "faciliter les réformes structurelles qui améliorent la compétitivité et le potentiel de croissance".

Un budget de la zone euro n'aurait donc pas le même but que le Mécanisme européen de stabilité (MES), le pare-feu de la zone euro qui vient d'entrer en vigueur, et qui "est un instrument de gestion des crises", explique M. Van Rompuy. L'absorption des chocs prendrait la forme d'une "solidarité budgétaire limitée" avec des "éléments de partage des risques", ajoute-t-il.

Sans aller jusqu'à parler ouvertement d'euro-obligations, un instrument qui se heurte à l'hostilité de l'Allemagne, il explique qu'"un aspect clé" de ce budget central "serait sa capacité à emprunter". Il évoque notamment des instruments de dette à court terme (Treasury bills), mais aussi un fonds d'amortissement de la dette des Etats-membres. Il envisage aussi l'établissement d'un Trésor européen avec "des responsabilités budgétaires bien définies".

M. Van Rompuy propose par ailleurs de réfléchir à la possibilité pour les Etats de la zone euro de passer des contrats individuels avec les institutions européennes, dans lesquels ils détailleraient leurs efforts pour soutenir la croissance et l'emploi, en échange d'"incitations financières limitées, ciblées, temporaires et flexibles".

"Profitons..."

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a affirmé vendredi à Helsinki qu'il voulait d'abord savourer le prix Nobel de la Paix décerné à l'Union européenne avant que les Européens ne décident qui irait le chercher à Oslo. "Savourons d'abord ce moment très heureux", a-t-il répondu à la presse qui lui demandait qui recevra le 10 décembre à Oslo le prix qui consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 8 millions de couronnes suédoises (923.000 euros).

"Cela a été et c'est toujours un jour de joie, de bonheur, et je suis encore très fier. Et la façon dont nous recevrons le prix, cela viendra plus tard", a-t-il considéré, après une rencontre avec le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen. "Quand je rentrerai à Bruxelles je contacterai mon très estimé collègue du Parlement européen [le président Martin Schultz, qui souhaite impliquer son institution], ainsi que la Commission européenne, et nous verrons comment arranger tout cela et qui se déplacera pour le recevoir", a dit le Belge.

"Mais encore une fois ce n'est pas la question essentielle aujourd'hui. La question essentielle c'est que l'Union européenne est récompensée, et cela pour ses décennies de travail de long terme pour la paix et la sécurité", a-t-il souligné. "Nous sommes très fiers. Et nous, cela signifie non seulement les dirigeants européens mais aussi tous les citoyens européens de cette génération et de la précédente", a-t-il souligné.

"Je me souviendrai toujours du 12 octobre 2012. C'est un jour fantastique", a estimé le président européen. "Cela nous rappelle pour quoi est faite une union: la paix et la prospérité. Ce n'est pas seulement une union d'intérêt, c'est d'abord et avant tout une union de valeurs. Le prix est une grande reconnaissance de la paix et de la prospérité que nous avons créées jusqu'à aujourd'hui", a-t-il poursuivi.

"C'est notre responsabilité, celle de nos Premiers ministres et chefs d'Etat européens de poursuivre cette oeuvre, pour que la génération future puisse tirer encore tous les avantages de l'Union européenne", a-t-il déclaré. L'UE n'est pas la première institution récompensée puisque l'Organisation des nations unies ou la Croix-Rouge, entre autres lauréats célèbres, l'ont été avant elle.

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