La fraude à l'annonce immobilière est en hausse

Les escrocs, de plus en plus nombreux, lanceraient des prix défiant toute concurrence sur des sites populaires.

La fraude à l'annonce immobilière est en hausse
©Jean-Luc Flémal
P.D.-D.

La ficelle peut paraitre un peu grosse. Et pourtant, elle marche, et même de plus en plus, selon l’Institut professionnel des agents immobiliers (IPI). Le principe est simple. Vous êtes à la recherche d’un appartement et, fort logiquement, vous surfez sur le Net en quête d’un bien situé dans le quartier ou la commune où vous désirez résider. Et là, vous tombez sur la superbe affaire : un appartement de toute beauté dans un chouette quartier ou une villa de tout confort dans un endroit huppé pour un loyer bien en deçà des prix du marché. De quoi appâter plus d’un candidat locataire.

Le propriétaire, comme par hasard, habite ou se trouve à l’étranger, car il a hérité du bien ou s’y trouve depuis peu pour des raisons professionnelles. D’où la raison pour laquelle il ne demande pas un loyer élevé : il veut tout au plus éviter que le bien reste inoccupé. C’est pourquoi le loyer est moins élevé que la moyenne. Il vous demandera même une kyrielle de fiches, notamment salariales. Cela fait encore plus sérieux. Vous échangez quelques mails et la transaction est convenue.

Et comme il n’a pas envie de se déplacer pour rien afin de vous remettre les clés de l’appartement ou de la maison, il demande, par exemple, que vous lui versiez anticipativement une caution importante ou plusieurs mois de loyer afin de s’assurer que vous n’êtes pas un plaisantin. Vous transférez la somme requise, non par un virement vers un compte que l’on pourra identifier, mais bien par mandat postal via Western Union. Ni vu, ni connu.

Le jour venu, la porte de l’appartement ou de la villa restera close : le pseudo-propriétaire aura empoché l’argent et vous n’entendrez plus parler de lui.

Le phénomène n’est pas vraiment neuf –ce type d’arnaques a déjà été signalé voilà 5 ans–, mais il continue à faire des victimes. “Le phénomène semble avoir repris de plus belle récemment”, témoigne Hugues de Bellefroid, vice-président de l’IPI. “Le service Dépistage de l’IPI a enregistré plusieurs plaintes tant au nord qu’au sud du pays. Les patronymes utilisés par les escrocs sont passe-partout, le plus souvent à consonance francophone, et différents dans chaque cas. Une constante toutefois : les numéros de téléphone de contact proviennent d’Afrique, du Bénin principalement”.

L’escroc, en fait, détourne une annonce immobilière bien réelle – un bien en vente se trouvant sur le Net, avec moult détails et photos – et le propose cette fois en location. Il lui suffit d’attendre que l’on morde à l’hameçon, et il empoche la mise sans coup férir.

Certes, l’IPI transmet au parquet toutes les plaintes qui lui sont parvenues. Il ne faut sans doute pas se faire trop d’illusion sur les chances de récupérer l’argent versé.

La meilleure prévention est la vigilance et de ne pas trop croire au père Noël.

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