Les briques d’Ethias : boulot et repos

Non, l’immobilier n’est pas un investissement instinctif pour un assureur. Il a fallu, en quelque sorte, qu’Ethias explique son parcours dans ce segment pour s’en rendre compte, lui qui n’y est entré que très tardivement, en 2008. Au début de la crise ? Certes. Mais ce sont essentiellement pour des raisons internes que l’assureur a révisé sa politique en matière d’investissement : la grande restructuration d’avril 2008 et l’arrivée, en octobre, de Benoît Verwilghen, actuel vice-CEO&CFO d’Ethias, qui avait tâté de la brique comme CFO des compagnies Naviga et Nateus. "Les assureurs sont attentifs à diversifier leur portefeuille, dit-il. Question de répartition du risque, dans le temps et dans les types d’actifs." Et puis, l’immobilier et ses loyers indexés permettent de jouer sur l’inflation.

C.M.

Non, l’immobilier n’est pas un investissement instinctif pour un assureur. Il a fallu, en quelque sorte, qu’Ethias explique son parcours dans ce segment pour s’en rendre compte, lui qui n’y est entré que très tardivement, en 2008. Au début de la crise ? Certes. Mais ce sont essentiellement pour des raisons internes que l’assureur a révisé sa politique en matière d’investissement : la grande restructuration d’avril 2008 et l’arrivée, en octobre, de Benoît Verwilghen, actuel vice-CEO&CFO d’Ethias, qui avait tâté de la brique comme CFO des compagnies Naviga et Nateus. "Les assureurs sont attentifs à diversifier leur portefeuille, dit-il. Question de répartition du risque, dans le temps et dans les types d’actifs." Et puis, l’immobilier et ses loyers indexés permettent de jouer sur l’inflation.

Il y a trois ans, Ethias a donc décidé de monter en puissance dans l’immobilier et de tripler la part de ses actifs qui lui était adjugée, de 1,2 % à 4 %. Un plafond "classique" pour un assureur, qu’il ne compte pas crever de sitôt puisqu’il exige déjà de son équipe immobilière de "dépenser", chaque année, quelque 100 millions, à coup d’opérations de 10 à 30 millions d’euros. De quoi atteindre un portefeuille de 400 millions d’ici 2013 et de quelque 650 millions d’ici 2015. "Un rythme soutenu, sourit Alain Delatte, directeur financier. L’augmenter, c’est augmenter les risques. Et encore faut-il trouver des biens qui correspondent à nos critères", très stricts en matière de rendement ("Aucune de nos opérations n’a été réalisée sous les 5 %", assure Benoît Verwilgen), de sécurité et de relation à long terme avec des partenaires solides (développeurs, locataires publics ou privés ). D’autant qu’Ethias se concentre sur deux segments seulement: les bureaux et les maisons de repos. Avec un accent sur le durable bien entendu - qui ne le prône plus actuellement ? - et sur le sociétal (opérations en partenariat public-privé, reconversions de bureaux, développements urbains ).

A ce jour, son portefeuille compte une vingtaine de biens : le château Mélot à Namur qui accueille le Cercle de Wallonie; l’immeuble abritant le Parlement de la Communauté Wallonie Bruxelles à Bruxelles; les Archives de Gand; et leur pendant namurois, en cours de construction; un des quatre immeubles de bureaux du projet Up Site d’Atenor le long du canal à Bruxelles; les maisons de repos Goed Arthur à Anvers, Les Hauts Prés à Uccle, ou encore Noble Age à Evere, reconversion réussie d’un immeuble de bureaux de la rue Colonel Bourg louée et gérée par le groupe français du même nom Mais les Orpea, Vulpia et Noble Age ne sont pas les seuls gestionnaires de maisons de repos qui l’agréent. Dans le pipeline, Ethias compte un projet avec un opérateur public.

"Nous ne faisons que les choses que nous maîtrisons, insiste Benoît Verwilghen. L’important, c’est le couple risque/rendement." Ce sont donc les baux long termes qu’il vise. La longueur moyenne des baux existants courent d’ailleurs sur 18 ans. Quasiment un record. "Mais le portefeuille est jeune", concède le vice-CEO.

Ce sont aussi des biens loués qu’il achète. "On n’est pas dans le one shot, ajoute Alain Delatte. Nous n’avons pas l’ambition de prendre des risques promotionnels." Ce qui ne l’empêche pas de rentrer en amont dans une opération, jouant en quelque sorte le rôle de banquier.

Il y a trois ans, afin de prévenir le marché de ses nouvelles ambitions, Ethias avait convié les grands courtiers. Une dizaine s’était déplacée. Ce jeudi, il a réitéré son invitation. Ils étaient près de 40.

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