L'idée d'un super-commissaire à l'Economie fait un flop

La proposition de la chancelière allemande Angela Merkel de doter d'un droit de veto, sur les budgets nationaux, le commissaire européen aux Affaires économiques a suscité des critiques de la part de plusieurs dirigeants européens.

AFP
L'idée d'un super-commissaire à l'Economie fait un flop
©AP

La proposition de la chancelière allemande Angela Merkel de doter d'un droit de veto, sur les budgets nationaux, le commissaire européen aux Affaires économiques a suscité des critiques de la part de plusieurs dirigeants européens réunis en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles. "C'est une thèse tout à fait respectable mais qui n'a pas été discutée ce soir", a affirmé dans la nuit de jeudi à vendredi le président français François Hollande lors d'une conférence de presse. Une façon élégante de rejeter cette proposition défendue avec force par Mme Merkel quelques heures auparavant.

Jeudi matin, dans un discours devant le Bundestag, Angela Merkel avait défendu l'idée de confier au commissaire européen aux Affaires économiques un droit de veto sur les budgets nationaux des Etats membres.

"Nous avons un commissaire chargé des affaires économiques et financières, il ne semble pas utile d'ajouter de nouveaux mécanismes ou un super-commissaire", a estimé de son côté le chef du gouvernement italien Mario Monti.

Abondant dans le même sens, le conservateur espagnol Mariano Rajoy a estimé que ce n'était "pas le moment" et qu'il fallait résoudre en priorité la crise. Même à la Commission européenne, cette proposition ne soulève pas l'enthousiasme. "Je pense que beaucoup a été fait pour renforcer la gouvernance dans l'UE et spécifiquement dans la zone euro", a jugé le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn, citant notamment le "six-pack" qui renforce les sanctions en cas de dérapage budgétaire.

"Pour nous le débat est mal posé, ça ne reconnaît pas toutes les avancées" en matière de discipline budgétaire, développe une source communautaire. En outre, "la cour constitutionnelle allemande ne cesse de renforcer le rôle du Bundestag en matière budgétaire. Je ne vois pas un instant comment ils pourraient accepter qu'un seul homme ait un droit de veto sur le budget allemand", a poursuivi cette source.

Interrogée sur sa proposition à l'issue du sommet, Mme Merkel a semblé faire une première marche arrière expliquant comment le président de la Commission, José Manuel Barroso avait "expliqué de façon convaincante, comment le rôle du commissaire aux Affaires monétaires a été renforcé".

"Nous avons relativement épuisé ce qui est possible sans modification de traité", a-t-elle reconnu.