Edito: L’Union, à tout petits pas

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union - l’Allemande Merkel et le Français Hollande en tête - ont réussi à surmonter leurs divisions, évitant de donner aux marchés l’occasion de redevenir nerveux.

Edito: L’Union, à tout petits pas

Olivier le Bussy

Comment résumer le sommet européen qui s’est tenu ces jeudi et vendredi à Bruxelles ? Si on voulait faire preuve de mauvais esprit, on dirait que les Vingt-sept ont mis une nuit pour décider de reporter à décembre la décision sur la façon d’appliquer l’engagement (mâlement) pris en juin de doter la zone euro d’une supervision bancaire intégrée.

Au moins l’essentiel a-t-il été préservé : les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union - l’Allemande Merkel et le Français Hollande en tête - ont réussi à surmonter leurs divisions, évitant de donner aux marchés l’occasion de redevenir nerveux.

Reste qu’il y a plus que des détails à régler pour que la supervision unique soit effective. Ce n’est encore que la première étape de l’union bancaire, elle-même premier élément du renforcement de l’union économique et monétaire. C’est dire si les Européens ne sont pas au bout du chantier de consolidation de la zone euro. Il est nécessaire de prendre le temps de le mener à bien. Mais dans le même temps, il est urgent d’engranger des résultats pour relancer l’économie et gonfler le taux d’emploi. Le pacte de croissance est un des outils permettant d’atteindre ces objectifs. Il a déjà pris du retard à l’allumage. Aussi, il est sans doute utile de rappeler que peu chaut aux citoyens grecs, espagnols, portugais de savoir comment s’articuleront les rouages techniques de la supervision unique, sujet qui semblent tant préoccuper certains Etats membres. Ce qu’ils attendent de l’Union, dans l’immédiat, est qu’elle leur donne une occasion concrète d’espérer.