Hamish Dodds, CEO mondial de Hard Rock Cafe

Hamish Dodds gère les 54 marchés du groupe Hard Rock International. Un poste sur mesure pour cet habitué des marques sans frontières.

Olivier Standaert
Hamish Dodds, CEO mondial de Hard Rock Cafe
©n.d

Rencontre

Avec 54 pays à superviser du haut de son poste de CEO et président de Hard Rock International, Hamish Dodds n’est pas du genre à s’éterniser quelque part. Ni l’été indien qui berce les vieilles pierres de la Grand-Place ni l’inauguration officielle du Hard Rock café bruxellois sur cette même place n’y changeront quelque chose. Bruxelles n’est qu’une étape dans l’agenda international d’un homme qui roule sa bosse sur les cinq continents depuis près de vingt ans. "Je suis arrivé ce matin et je repars demain." Cela fait-il de lui un homme pressé, un œil sur l’instant présent et l’autre sur le prochain rendez-vous ? Même pas.

Et ne comptez pas non plus sur lui pour s’afficher aux couleurs du Hard Rock café, la jouer mélomane invétéré ou vous convaincre qu’on mange mieux chez lui qu’ailleurs. Hamish Dodds égrène calmement toutes les bonnes raisons qui ont poussé la marque à s’implanter à Bruxelles, alors que les marchés les plus prometteurs l’attendent en Amérique latine, en Asie ou en Europe de l’Est.

"Cela faisait cinq à six ans que nous prospections en Belgique. Bruxelles, avec les institutions européennes et sa situation centrale, joue un rôle stratégique pour nous. Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles opportunités, même dans des marchés matures comme l’Europe occidentale. Restait à trouver un lieu opportun. On avait sondé le quartier européen et les grandes artères commerçantes. Mais la Grand-Place possède un plus grâce à son histoire que nous avons voulu respecter, malgré les défis architecturaux que pose la création d’un café comme le nôtre dans un bâtiment ancien et typique. C’est un endroit qui attire les locaux et les touristes."

Né à Nairobi (Kenya) il y a 55 ans, Hamish Dodds quitte l’Afrique pour faire ses études en Ecosse, à Aberdeen. Branché business durant celles-ci, c’est évidemment Londres et sa city (là où fut fondé le premier Hard Rock café ) qui lui font les yeux doux. Il y démarre une carrière qui ne tarde pas à devenir internationale. Le ton est définitivement donné au départ des 13 années qu’il passe chez Pepsi. C’est déjà la rengaine de l’international, des nouveaux marchés et d’un branding de plus en plus mondial.

Hamish Dodds y gagne une solide expérience, et apprend comment implanter en souplesse une marque dans un pays "en friche". Franchises, joint-ventures, contrôle direct depuis le centre de décision ? Les trois lui vont, pourvu que la sauce prenne.

En débarquant chez Hard Rock International en 2004, le futur CEO connaissait donc déjà par cœur les défis des marques mondiales. En neuf années de présence au sein du groupe, il peut d’ores et déjà afficher un bilan positif en termes de revenus et d’expansion.

"La marque Hard Rock jouit d’une forte notoriété, mais la prudence est au centre de notre stratégie. Nous restons méthodiques. C’est pour cela, par exemple, que nous n’ouvrons pas un café, un hôtel ou un casino partout. En Belgique, vu la taille du pays, il ne me semble pas nécessaire de s’installer dans une seconde ville. Cela ne s’inscrit pas dans notre politique."

Jadis implantée à Anvers sous forme de franchise, la marque à la guitare y a fait long feu, et c’est le genre d’expérience qu’on n’apprécie pas trop en haut lieu. La collection de T-shirts doit rester d’actualité Et si possible, s’enrichir de quelques noms prometteurs en termes de revenus : "Dans les six prochains mois, nous ouvrirons un premier café au Costa Rica, au Pérou, au Guatemala et au Chili. Nous avons ouvert deux hôtels au Mexique cette année. Nous investissons aussi le marché chinois, un objectif central. Et je n’oublie pas l’Europe centrale et de l’Est, où il reste de nombreuses opportunités. Aux Etats-Unis, on raisonne plutôt avec nos autres produits, tels les hôtels et les casinos."

La diversification s’opère donc géographiquement et thématiquement. Hard Rock International ne se cantonne pas à des enseignes comme celle ouverte à Bruxelles. "Cela fait partie de notre stratégie. Je pense que cela explique aussi pourquoi nous ne subissons pas la crise. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour nous différencier de nos concurrents. Et nous optons pour une vision à long terme qui nous permet de mieux survivre aux aléas."


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