Le management d’hier, d’aujourd’hui et de demain

Rassembler en un lieu de rencontre les différentes disciplines sur la thématique du travail, tel fut l’ambition du fondateur de l’Institut des Sciences du Travail de l’UCL (IST), qui fête ses 60 ans ce 25 octobre. Ou plutôt 61 ans, puisque l’institut a été fondé en 1951. " Mais l’organisation de cet anniversaire a pris un peu de temps , s’excuse Laurent Taskin, son président depuis un an et demi, qui raconte : à l’époque, au sein de plusieurs facultés de l’université se donnaient des cours liés à la thématique du travail. En médecine, on avait, par exemple, un cours de pathologie du travail, en psychologie un cours de psychologie industrielle. Le professeur Paul Lambin, de la faculté de médecine, s’est dit que cela avait un sens de rassembler tous ces cours qui abordait la même thématique, de faire se rencontrer les expertises. Ce fut un succès car le projet était disciplinaire. L’ADN de l’Institut est vraiment cette pluridisciplinarité."

Solange Berger

Rassembler en un lieu de rencontre les différentes disciplines sur la thématique du travail, tel fut l’ambition du fondateur de l’Institut des Sciences du Travail de l’UCL (IST), qui fête ses 60 ans ce 25 octobre. Ou plutôt 61 ans, puisque l’institut a été fondé en 1951. " Mais l’organisation de cet anniversaire a pris un peu de temps , s’excuse Laurent Taskin, son président depuis un an et demi, qui raconte : à l’époque, au sein de plusieurs facultés de l’université se donnaient des cours liés à la thématique du travail. En médecine, on avait, par exemple, un cours de pathologie du travail, en psychologie un cours de psychologie industrielle. Le professeur Paul Lambin, de la faculté de médecine, s’est dit que cela avait un sens de rassembler tous ces cours qui abordait la même thématique, de faire se rencontrer les expertises. Ce fut un succès car le projet était disciplinaire. L’ADN de l’Institut est vraiment cette pluridisciplinarité."

L’Institut n’est pas une nouvelle faculté de l’UCL. " C’est une école de la faculté ESPO (sciences économiques, sociales et politiques - avec des professeurs qui viennent d’horizons très différents. C’est là la clé du projet ", estime Laurent Taskin, lui-même professeur à la Louvain School of Management.

Les étudiants viennent aussi de tous les horizons. L’institut propose en fait deux masters en sciences du travail et un master en gestion des ressources humaines, lancé il y a cinq ans. "Mais ces masters n’ont pas de bac rattaché. Cela veut dire que les étudiants peuvent les suivre en venant de diverses facultés . De l’étranger même car le programme s’est aussi internationalisé. Dès la fin des années 80, nous avons constitué un réseau Master européen en sciences du travail. Nous sommes treize aujourd’hui à en faire partie. Nous organisons notamment des échanges d’étudiants."

A ses débuts, l’IST avait une forte dominance de la médecine du travail. "C’est d’ailleurs ici qu’elle s’est construite avant d’être rattachée, en 1974, à la faculté de Médecine. Aujourd’hui la gestion est privilégiée ."

En soixante ans, les choses ont bien évolué. Les cours donnés notamment. " Il y avait, par exemple, un cours de Théorie du commandement, genèse du cours d’administration du personnel. La santé au travail était aussi étudiée d’un point de vue médical et curatif. Aujourd’hui, nous avons une vision plus préventive et juridique. Elle est plus traitée par le droit et le psychosocial. Nous ne parlons d’ailleurs plus de santé au travail mais de bien-être au travail. D’autres matières sont apparues ou se sont développées, comme l’ergonomie, les questions de concertation sociale "

La matière n’est plus perçue de la même façon. " Les premiers directeurs du personnel étaient souvent des hauts gradés de l’armée. Il était alors vraiment question de direction du personnel , raconte Laurent Taskin. A une époque, les gens avaient une autre conception de l’humain. Et puis, des travaux ont été menés - dans les années 30 mais avec un impact dans les années 60-70 seulement - et ont montré que les travailleurs ne devaient pas nécessairement être contraints pour être productifs. Ils étaient capables de se motiver et de s’automotiver. Ceci a amené à développer d’autres formes de leadership - moins autoritaire - et de management, plus participatif et valorisant. Mais ce n’est pas pour cela qu’aujourd’hui tout le monde fonctionne comme cela "

L’enseignement s’est adapté. "Nous véhiculons une image humaniste de l’homme au travail et du rôle du travail comme facteur d’émancipation de la société. Ce qui n’est pas antagoniste avec l’idée de productivité ."

Pour cet anniversaire, l’IST organise, ce 25 octobre, une journée d’étude - avec notamment des ateliers sur les "Enjeux de la concertation sociale", "Le sens et la place du travail dans la société", - et une soirée d’hommage.