Apple augmente (en douce) le prix des applis

Même si les applis payantes ne représentent pas plus de 12 % des téléchargements sur l’App Store, à terme ce sont bien des dizaines de millions que la pirouette tarifaire va permettre à Apple de récupérer.

Apple augmente (en douce) le prix des applis
©Reporters
Alexis Carantonis

Il faudrait faire preuve d’une inquiétante naïveté pour croire que les tarifs pratiqués sur l’App Store d’Apple (le magasin virtuel où iPhone, iPad et iPod vont piocher jeux, utilitaires, etc.) allaient un jour baisser en masse. Mais de là à pronostiquer une augmentation de près de 15 % desdits tarifs, en douce, 72 heures après l’annonce de nouveaux produits (dont un iPad Mini assez cher pour une minitablette) traduisant l’excellente forme financière de l’entreprise confirmée 48 heures plus tard par l’annonce de résultats financiers une fois encore “historiques” , personne ne l’avait vu venir, écrit La Dernière Heure.

Cette attitude, qui frise si pas l’indécence, à tout le moins le manque de transparence (Apple n’a pas communiqué sur cette augmentation généralisée), a pourtant été menée par Apple dans la majorité des pays d’Europe. Parmi lesquels la Belgique. Notons qu’une telle pratique avait déjà frappé le marché britannique, en 2011.

Concrètement, et la mise à jour des prix est déjà effective, une application qui coûtait hier 0,79 € (le tarif minimum pour une app iOS payante) revient aujourd’hui à 0,89 €. Une augmentation proportionnelle, puisque des applis plus onéreuses sont aussi frappées par cette indexation malvenue de manière plus importante (1,59 € hier contre 1,79 € aujourd’hui, etc.). Toutes les applications payantes sont en fait concernées, par paliers.

Pourtant, la veille, Apple avait présenté un bilan financier du quatrième trimestre fiscal 2012 largement satisfaisant. Avec 26,9 millions d’iPhone écoulés, notamment, et, surtout, 35,96 milliards de revenu. Des chiffres qui feraient rêver n’importe quelle entreprise, mais pas les analystes financiers et actionnaires de la Pomme, qui ont vite appris que l’appétit venait en mangeant. C’est donc en prévision d’un premier trimestre 2013 devant dégager, selon les actionnaires, 55 milliards de dollars (alors qu’Apple tablait sur 53), que Cook a décidé d’aller chercher sur une augmentation du prix des apps un nouveau levier de rentrées. Parce qu’il faut savoir que sur chaque appli payante vendue, Apple prend 30 % de marge à son compte (ne pas s’offusquer, Google, sur le Play Store d’Android, fait la même chose).

Il faut aussi noter qu’Apple, via ce procédé, se refait sur une évolution des taux de change qui lui était défavorable – l’euro ayant perdu plus de 15 % par rapport au dollar depuis l’ouverture de l’App Store mi-2008.

Même si les applis payantes ne représentent pas plus de 12 % des téléchargements sur l’App Store, à terme ce sont bien des dizaines de millions que la pirouette tarifaire va permettre à Apple de récupérer. Reste que, pour une marque premium , faire ça dans le dos de ses utilisateurs, en les mettant devant le fait accompli, témoigne d’une arrogance assez malvenue.

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