Édito : Sacré Bart !

Il fallait le faire en tout cas que de justifier le drame de Ford Genk par la "wallonisation de l’économie belge".

Vincent Slits
Édito : Sacré Bart !
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Ce n’est pas parce que Bart De Wever peine à former une majorité communale dans son nouveau domaine, Anvers, qu’il ne va plus s’adonner à son sport favori : casser une Wallonie symbole à ses yeux de nationaliste flamand de tous les malheurs de la Flandre. Une Flandre handicapée dans son développement économique par une Wallonie forcément profiteuse, dépensière et de surcroît fainéante. Il fallait le faire en tout cas que de justifier le drame de Ford Genk par la "wallonisation de l’économie belge". La surcapacité dans le secteur automobile européen ? Pfff, un détail pour l’ami Bart. La crise économique et la chute de la demande ? Broutille, je vous le dis Non, pour le leader de la N-VA, un vrai prestidigitateur, le vrai responsable de la fermeture prochaine de Ford Genk, c’est la Wallonie. Oui, oui, la Wallonie ! Certes, pas directement, mais c’est bien le virus wallon qui a contaminé notre économie et condamné Ford Genk. On en rirait, tant cette rhétorique est ridicule, si elle n’émanait pas du leader du premier parti de Flandre, dont l’objectif ultime, après les élections de 2014, est de dynamiter l’unité de ce pays. Heureusement, au nord du pays, des voix commencent à s’élever pour dénoncer cette stratégie visant à désigner un bouc émissaire, un coupable, à opposer les communautés linguistiques les unes contre les autres, pour lui dire tout simplement : "Cela suffit !" Il était temps. On commençait à se demander si Bart De Wever n’était pas parvenu à anesthésier ou à hypnotiser cette Flandre tolérante et lucide que l’on apprécie tant.

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