Fortis-Lippens: l’ex-banquier ne dit pas son nom

L’affaire Fortis, née d’une communication mensongère qui a valu à ses dirigeants d’être reconnus " pénalement responsables", rebondit dans la presse. Pierre Loppe y consacre un édito dans La Libre Entreprise, le supplément économique de La Libre Belgique.

Fortis-Lippens: l’ex-banquier ne dit pas son nom
©Belga
Pierre Loppe

L’affaire Fortis, née d’une communication mensongère qui a valu à ses dirigeants d’être reconnus "pénalement responsables", rebondit dans la presse. Pour rappel, l’ex-bancassureur belgo-néerlandais Fortis, démantelé au cœur de la crise financière en octobre 2008, son ancien directeur exécutif Jean-Paul Votron et son ex-directeur financier Gilbert Mittler sont accusés d’avoir fourni des "informations trompeuses" sur la santé du groupe en mai 2008. Le tribunal d’Utrecht les a condamnés, renvoyant la question de l’indemnisation à une procédure séparée. Le préjudice est énorme pour des milliers d’actionnaires, dont certains ont tout perdu...

Mis hors cause par le tribunal, l’ex-président de Fortis, Maurice Lippens, s’est muré dans un silence embarrassé avant d’effectuer une sortie retentissante lors des auditions de l’enquête pénale. La fuite orchestrée vers "L’Echo" et le "Tijd" donne une idée de l’état d’esprit de l’ex-président qui rejette la débâcle sur l’ex-management de Fortis, sur le régulateur et sur les reviseurs. "Je n’ai jamais été banquier. J’avais une compréhension superficielle de ces matières", affirme benoîtement le comte qui se lave les mains de la duperie à grande échelle, espérant en sortir par le haut.

Pour le coup, M. Lippens, ancien chef d’entreprise de premier plan, ferait croire qu’il était incapable d’évaluer la trésorerie d’une société et la santé de ses actifs. C’est un peu gros ! Lui qui, en tant qu’ex-président... de la "commission Lippens", a déjà bafoué le code éponyme, de gouvernance et de déontologie. A court d’arguments, voici qu’il dénigre M. Votron, "trompeur" et "agressif", oubliant qu’il aurait pu le révoquer à tout instant. Quelle que soit la faute du directeur, la ligne de défense est mesquine et la morale, entachée...

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