ArcelorMittal: syndicats et direction ont signé un pré-accord concernant le volet social

Direction et syndicats d’ArcelorMittal Liège se sont entendus sur le sort des 795 travailleurs concernés par la fermeture de la phase à chaud.

Isabelle Lemaire
ArcelorMittal: syndicats et direction ont signé un pré-accord concernant le volet social

Ils ont âprement négocié toute cette journée de vendredi pour arriver enfin à la signature d’un projet d’accord sur le volet social. A 16h30, direction et syndicats d’ArcelorMittal Liège se sont entendus sur le sort des 795 travailleurs concernés par la fermeture de la phase à chaud, fermeture annoncée, rappelons-le, le 12 octobre 2011.

Tout avait pourtant mal commencé. Jeudi, la direction liégeoise avait accepté de rencontrer vendredi matin les quatre secrétaires permanents régionaux pour finaliser l’accord sur le volet social, à la lumière des nouvelles propositions faites par les syndicats.

Et puis en soirée, des travailleurs ont fait circuler sur les réseaux sociaux un appel au rassemblement devant l’hôtel Park Inn de Liège Airport où devait se dérouler la réunion. Ils souhaitaient y attendre les résultats de cette rencontre capitale. La direction, craignant sans doute des débordements, a préféré déplacer la rencontre dans un lieu tenu secret jusqu’à 7h30.

A 8 heures, les deux parties entamaient ces discussions autour de la ventilation de l’enveloppe budgétaire consacrée au plan social. Une enveloppe fermée mais légèrement augmentée grâce à une économie de deux millions d’euros d’argent public, réalisée grâce à la création d’une cellule de reconversion gérée par le Forem, au lieu de la Commission pour l’emploi que la direction voulait mettre en place avec des partenaires privés.

La direction souhaitait boucler cette réunion vers midi mais les débats se sont prolongés jusqu’à 16h30. En matinée, le climat était tendu. "C’est de plus en plus difficile car à chaque virgule que l’on avance, on sent une grosse crispation. Mais on a bon espoir d’aboutir à un accord" , déclarait Jordan Atanasov de la CSC-Metea pendant une suspension de séance.

Reconversion dans l’assainissement

Le permanent syndical avait raison de rester optimiste puisque les deux parties ont finalement trouvé un terrain d’entente. Alors que contient ce projet d’accord ? "Il n’y aura pas de licenciements secs pour les 86 travailleurs excédentaires, c’est-à-dire non concernées par les prépensions ou les départs volontaires. Ils seront bien licenciés avec un préavis légal et une prime de six mois de salaire mais ensuite, sur base volontaire, ces travailleurs seront intégrés à la cellule de reconversion pendant six mois. La finalité est de les amener à être réembauchés dans une structure, financée par ArcelorMittal et la Région wallonne, qui œuvrera à la réhabilitation et à la dépollution des sites du chaud (Chertal et les hauts-fourneaux)" , annonce Jean-Luc Rader, le patron des métallos FGTB.

L’autre point d’accord trouvé concerne les prépensions. Les 314 prépensionnables bénéficieront de conditions de départ légèrement améliorées. "L’enveloppe est un peu moins importante que celles obtenues en 2004 et 2010 mais on s’en sort plutôt bien si on compare notre situation à celle d’autres entreprises. Nous sommes contents d’aboutir après autant de semaines de discussions. Cela valait la peine de rester ferme" , déclare Gérard Loyens, le secrétaire permanent régional CNE. Les détails de l’accord seront annoncés aux travailleurs lundi.

Des millions de la Région ?

Avec cette sortie temporaire de crise, la tenue d’une réunion tripartite sur le volet industriel avec le gouvernement wallon est assurée. On évoque la date de mardi. Et là, c’est le volet industriel qui sera débattu. Les discussions s’annoncent chaudes. "Nous considérons l’investissement de 138 millions dans les cinq lignes de la phase à froid considérées comme prioritaires comme acquis. Et nous demandons à ce que les douze lignes liégeoises fassent l’objet d’un refinancement. La Région wallonne s’est engagée à injecter de l’argent dans ces sept lignes non prioritaires" , indique Jean-Luc Rader. "La Région nous a donné une estimation de 80 à 90 millions d’investissement. Ce ne sera pas suffisant pour couvrir tous les besoins et il faudra faire des choix" , précise Jordan Atanasov.

Les syndicats sont loin de crier victoire . Ils savent que la mauvaise conjoncture économique ne joue pas en faveur de la pérennité des activités dans le bassin liégeois et ils rappellent : "Si nous n’arrivons pas à un accord sur le volet industriel, le plan social sera nul et non avenu."