Edito : Maurice Lippens devra s’expliquer

Elle est tombée tard, mais elle est tombée quand même. A l’instar de l’ancien patron, Jean-Paul Votron, Maurice Lippens a été inculpé dans le dossier Fortis.

Ariane van Caloen
Edito : Maurice Lippens devra s’expliquer
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Elle est tombée tard, mais elle est tombée quand même. A l’instar de l’ancien patron, Jean-Paul Votron, Maurice Lippens a été inculpé dans le dossier Fortis.

On peut imaginer que l’ancien président du conseil d’administration du groupe financier aura espéré jusqu’au bout y échapper. Il y avait d’autant cru qu’un tribunal néerlandais l’avait innocenté, contrairement à Jean-Paul Votron, faisant la distinction entre les fonctions exécutives et non exécutives. De plus, il aura tout fait pour ne pas être dans le viseur de la justice, y compris expliquer aux enquêteurs qu’il n’était pas banquier. Cela n’a visiblement pas convaincu le procureur du Roi. Tout comme, d’ailleurs, les dizaines de milliers d’actionnaires qui ont tout perdu.

Faut-il tirer des conclusions sur la culpabilité de Maurice Lippens ? Sûrement pas. Comme les quatre autres personnes physiques inculpées à ce stade - il devrait sans doute y avoir aussi des personnes morales à commencer par Ageas (ex-Fortis) - Maurice Lippens est présumé innocent et le restera tant que les tribunaux n’auront pas donné de verdict final.

Si l’enquête, qui aura duré quatre ans, débouche sur un procès, il faudra notamment démontrer dans quelle mesure la communication du groupe et de ses dirigeants a été fautive compte tenu des intérêts en jeu. Il paraît évident que cela ne sera pas évident. Mais ce n’en sera pas moins intéressant et sans doute emblématique. On pourrait explorer des nouvelles limites. On pourrait aussi voir jusqu’où vont les responsabilités du président de conseil d’administration.

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