Le Fyra déjà revu et corrigé ?

Le Parlement Benelux a vivement critiqué le TGV belgo-néerlandais. Il recommande de le changer.

R.Meu.
Le Fyra déjà revu et corrigé ?
©AFP

Victime d’un nombre impressionnant de couacs (retards, annulations, ), le Fyra, un train à grande vitesse qui relie Bruxelles à Amsterdam depuis le 9 décembre dernier, va sans doute être revu et corrigé. C’est du moins l’avis unanime du Parlement Benelux qui s’est réuni ce samedi et dont le train belgo-néerlandais a été "l’un des sujets majeurs" de l’ordre du jour. Le Parlement Benelux ? L’institution, composée d’une cinquantaine de députés des Pays-Bas, de Belgique et du grand-duché de Luxembourg, est peu connue. Elle se réunit, trois fois par an, pour évoquer des sujets transfrontaliers. La session de ce week-end est donc bien tombée : le sujet a ravivé quelques tensions entre les chemins de fer néerlandais et belge (voir LLB 15/12). "Mais des deux côtés de la frontière, ce sont surtout les usagers qui sont inquiets et qui nous l’ont fait savoir via une multitude de mails et de lettres", explique Maya Detiège, membre belge (SP.A) de ce parlement.

Car avec l’arrivée du Fyra, c’est aussi un autre train qui a disparu, celui du Benelux qui reliait depuis plus de cinquante ans notre pays aux Pays-Bas. Et ce en s’arrêtant dans plusieurs gares, désormais non desservies par le TGV belgo-néerlandais. Selon la députée socialiste flamande, le Fyra rate ainsi son objectif et il faut le "recadrer". Sarcastique, M. Jef Van den Bergh (CD&V) a dit du Fyra qu’il fallait le considérer comme un succès après à peine une semaine "car qui donc pourrait ne pas encore le connaître aujourd’hui ?".

Pour M. Tommelein (Open VLD), c’est le Parlement Benelux qui doit à présent parler d’une seule voix. Autre critique : Maya Detiège, elle-même Anversoise, a jugé "navrante" l’obligation faite aux citoyens de la zone frontalière de passer par Anvers avant de pouvoir se rendre dans le nord. "Avec l’ancien train Benelux, les habitants du Nord d’Anvers pouvaient, par exemple, directement rejoindre Roosendael et de là se connecter au reste du réseau ferroviaire des Pays-Bas. Maintenant, ils sont obligés de retourner dans le centre d’Anvers, ce qui créé un engorgement totalement inutile. "

Le président sortant, le Néerlandais Jack Biskop (CDA, christendemocratische partij.), s’est joint à ce concert de reproches en tant qu’habitant de la ville frontalière de Roosendael. "Par-delà les frontières entre les pays et les clivages politiques, le débat au Parlement Benelux a débouché sur l’adoption à l’unanimité d’une recommandation aux gouvernements des trois pays du Benelux", explique-t-il dans un communiqué. Que dit le texte ?

Les parlementaires réclament, entre autres, la révision de l’obligation de réservation, un système d’abonnement pour les navetteurs, une desserte de 16 trains Fyra par jour (actuellement 10). Le Parlement veut également modifier le trajet du Fyra, avec "d’éventuels arrêts supplémentaires ", un "éventuel second opérateur ", une attention suffisante pour les correspondances et une solution aux problèmes de capacité entre Anvers et Roosendael. Suffisant pour rendre ce Fyra plus populaire auprès des usagers ? Qui voyagera, verra.