Electricité chère : le politique responsable !

La facture d’électricité va augmenter, annonce Itinera dans une opinion publiée hier. L’institut d’étude (dont une grande partie des rentrées financières provient des entreprises) attribue la responsabilité de cette hausse non pas aux fournisseurs souvent pointés du doigt comme Electrabel mais aux différents gouvernements du pays. Car à côté du coût de l’énergie qui représente 38 % du total de la facture, il y a toutes les autres composantes, à savoir les taxes et les coûts de distribution (imputés par les intercommunales de distribution).

AvC

Plaidoyer

La facture d’électricité va augmenter, annonce Itinera dans une opinion publiée hier. L’institut d’étude (dont une grande partie des rentrées financières provient des entreprises) attribue la responsabilité de cette hausse non pas aux fournisseurs souvent pointés du doigt comme Electrabel mais aux différents gouvernements du pays. Car à côté du coût de l’énergie qui représente 38 % du total de la facture, il y a toutes les autres composantes, à savoir les taxes et les coûts de distribution (imputés par les intercommunales de distribution).

Ce qui pèse lourd dans la facture d’électricité, c’est le soutien à l’énergie renouvelable au niveau fédéral et régional. Dans une précédente étude, Itinera avait calculé que la facture totale de la subvention de la Flandre aux panneaux solaires s’élèverait à plus de 10 milliards d’euros pour la période 2007-2031. Pour les années à venir, ce qui va gonfler la facture c’est "surtout le développement des parcs éoliens offshore", souligne Itinera. Le coût des subsides aux éoliennes en mer est estimé à 900 millions d’euros par an. L’augmentation du prix de l’électricité ces dernières années résulte pour 75 % d’impôts et de coûts de distribution plus élevés, a calculé Itinera.

"Au bout du compte, la facture d’électricité évolue lentement vers une feuille d’impôt. Le gouvernement ne peut plus continuer à répercuter les coûts de choix politiques sur le consommateur final pour ensuite prétendre que les prix ne devraient pas augmenter", estime Johan Albrecht.

En clair, pour l’expert d’Itinera, le gouvernement doit trouver d’autres modes de financement que la facture payée par le consommateur. "Les gouvernements doivent puiser dans les ressources générales pour financer eux-mêmes le coût des politiques choisies - comme les énergies renouvelables et l’utilisation rationnelle de l’énergie - plutôt que de le répercuter à l’infini sur le consommateur final", estime encore M. Albrecht. Selon lui, la décision du gouvernement de geler les prix pendant 9 mois (jusqu’à fin 2012) ne résout donc pas fondamentalement le problème.

Pour lui, le gaz et l’électricité ne sont qu’une partie du problème. Il constate que le gouvernement Di Rupo "est apparemment moins préoccupé par les prix de l’essence, du diesel et du mazout". Son explication : "Peut-être que cela a beaucoup à voir avec les droits d’accises élevés sur ces produits." Or, les prix de tous les biens et services en Belgique sont 8 % plus élevés que dans les autres pays de la zone euro et ont augmenté plus rapidement que dans les pays voisins.

D’où le plaidoyer pour un débat sur la problématique des prix qui englobe aussi des sujets comme les coûts salariaux et l’indexation.

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